La quête d’indépendance technologique en Europe
Avec un message fort, le CEO de Mistral a récemment présenté une feuille de route affirmant qu’« Europe ne peut plus être le vassal technologique des États-Unis ». Ce constat a émergé alors que plusieurs entreprises redéfinissent le paysage de la souveraineté technologique européenne. Parmi elles, Euclyd se distingue par son ambition de se libérer de la dépendance envers NVIDIA, un géant incontesté des processeurs pour l’intelligence artificielle (IA).
Euclyd : Une startup avec de grandes aspirations
Euclyd, fondée par l’ancien directeur d’ASML, Bernardo Kastrup, est déjà en phase de recherche de 100 millions d’euros pour financer la fabrication de puces. Soutenue par des figures de proue comme Peter Wennink, Euclyd vise à concevoir des puces optimisées pour l’inférence de l’IA, qui sont non seulement plus rapides mais aussi significativement moins énergivores que leurs homologues de NVIDIA.
Des performances énergétiques révolutionnaires
Les nouvelles puces « Craftwerk » d’Euclyd promettent d’être jusqu’à 100 fois plus efficaces sur le plan énergétique par rapport aux modèles Vera Rubin de NVIDIA. Cependant, cette comparaison mérite d’être nuancée, car les puces Vera Rubin sont conçues pour des tâches d’entraînement et d’inférence, et non exclusivement pour l’inférence.
Un élan vers l’autonomie européenne
Actuellement, Euclyd cherche à livrer ses premières puces à des clients d’ici 2027. Elle n’est pas seule dans cette quête; d’autres startups comme Olix, Optalysys, Tactile, et Lago, ont déjà levé plus de 800 millions d’euros dans le but de développer des alternatives aux technologies dominantes d’importation américaine.
Initiatives publiques et écosystème privé
La volonté de renforcer l’autonomie technologique en Europe s’accompagne de programmes publics tels que FAMES, qui dispose d’un budget de 830 millions d’euros pour soutenir les projets de chips. Bien qu’il soit modeste comparé aux investissements américains, cela témoigne d’une prise de conscience croissante quant à la nécessité d’une Europe autonome.
Le défi face à NVIDIA
Les ambitions européennes ne visent pas seulement à établir une souveraineté, mais aussi à concurrencer directement NVIDIA, qui se trouve dans une position dominante non seulement en Europe, mais à l’échelle mondiale. De nombreuses entreprises, allant de Meta à Tesla, achètent des GPU NVIDIA tout en développant leurs propres alternatives.
Des solutions émergentes aux États-Unis
À l’instar de l’Europe, les États-Unis voient fleurir une multitude de startups dédiées à la conception de puces autonomes. Des entreprises comme Cerebras Systems et MatX, qui a été fondée par d’anciens ingénieurs de Google, illustrent cette dynamique où des milliards de dollars sont investis dans l’innovation.
NVIDIA : Stratégie de diversification
NVIDIA, consciente des défis, opte pour une diversification stratégique. L’entreprise investit dans des technologies émergentes et soutient des entreprises en développement. En 2023, elle a investi massivement dans le domaine de la photonica, cherchant à s’imposer comme une force incontournable sur le marché des centres de données.
Conclusion : Une course mondiale ininterrompue
Au final, la quête d’indépendance technologique basée sur l’IA incarne un enjeu majeur pour les économies de l’Europe, des États-Unis et de la Chine. Chacune des régions investit massivement dans la recherche et le développement, préparant le terrain pour des innovations futures, tandis que l’attention se tourne vers les IPOs de géants comme Anthropic et OpenAI dans un futur proche.

