Les défis des conventions collectives en Espagne

Les conventions collectives ont pour but de réguler les conditions de travail et les salaires dans des secteurs spécifiques ou pour de grandes entreprises. Cependant, en 2026, près de la moitié de ces conventions se sont révélées obsolètes, notamment en raison des récentes augmentations du Salaire Minimum Interprofessionnel (SMI).

Évolution du Salaire Minimum Interprofessionnel (SMI)

Le SMI a connu une hausse continue depuis 2018, passant de 735 euros à 1 221 euros par mois en 2026, soit une augmentation cumulative de 66 %. Cette évolution a mis de nombreux accords de branche au défi, les rendant obsolètes car les salaires minimaux qu’ils stipulent sont désormais inférieurs à la législation en vigueur.

Impact sur les conventions sectorielles

Actuellement, 45 % des conventions collectives sectorielles ne respectent pas le SMI, ce qui est alarmant. Par exemple, le contrat de jardinage approuvé en janvier 2026 stipule un salaire de 1 184 euros, qui était conforme au SMI de 2025, sans tenir compte de la hausse de 2026. De même, dans les conventions d’entreprise, 36 % des accords restent en deçà de la norme légale.

Les exigences légales

D’après le Tribunal Suprême, aucun accord ne peut fixer des salaires en dessous du SMI, en considérant le revenu annuel total, y compris les primes et autres compensations. Si la somme ne dépasse pas 17 094 euros annuels, l’employeur doit compléter le salaire par un complément. Cela a conduit certaines entreprises à ajuster leurs salaires pour respecter la loi, sans véritablement améliorer les conditions des employés.

Le problème du chevauchement des catégories salariales

Cette situation engendre un phénomène préoccupant de “chevauchement” entre les catégories salariales. Lorsque le SMI augmente plus rapidement que les conventions, les rémunérations des catégories les plus basses se rapprochent dangereusement de celles des catégories supérieures. Ce différentiel réduit l’incitation à assumer des responsabilités plus importantes, car les employés constatent que la différence de salaire ne justifie pas la charge accrue de travail.

Solutions proposées par les syndicats

Les syndicats, tels qu’UGT, demandent la mise en place d’un nouvel Accord pour l’Emploi et la Négociation Collective (AENC) pour rectifier cette situation. Certains accords incluent déjà des clauses garantissant une différence minimale de 80 euros entre chaque niveau salarial pour empêcher le chevauchement.

Qui bénéficie de cette hausse du SMI ?

La montée du SMI a considérablement amélioré le pouvoir d’achat des travailleurs à faibles revenus. Entre 2018 et 2026, les salaires minimums ont augmenté de 66 %, alors que l’inflation a été de 25 %, permettant ainsi une meilleure compensation pour ceux qui gagnent le moins. Cependant, si les entreprises ne corrigeaient pas les disparités entre les différents niveaux, cela pourrait démotiver ceux qui aspirent à des promotions.

En conclusion, même si le SMI a amélioré la situation économique des travailleurs, les conventions collectives doivent être révisées et adaptées afin de garantir des salaires justes et équitables à tous les niveaux.



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