Les tunnels de Téhéran comme arme de guerre

Introduction à la stratégie iranienne

Depuis deux décennies, la République islamique d’Iran a affiné ses stratégies militaires en se basant sur l’expérience des guerres asymétriques, notamment à travers l’utilisation de réseaux souterrains. Le ministre iranien des Affaires étrangères, Seyed Abbas Araghchi, a récemment déclaré que les bombardements de Téhéran n’affectent pas la capacité du pays à mener une guerre. Au contraire, cela pourrait marquer le début d’un nouveau chapitre où Téhéran pourrait devenir une vaste version de Gaza, une terre d’affrontement cachée sous la surface.

La guerre sous terre : le modèle de Gaza

Le modèle de guerre utilisé à Gaza est d’une grande utilité pour comprendre la stratégie iranienne. En 2007, après la victoire de Hamas aux élections, l’Iran a envoyé des ingénieurs et des experts pour construire le “Métro de Gaza”. Ce réseau de tunnels, qui s’est développé sur des années, a été essentiel lors des conflits récents, offrant à Hamas une immense infrastructure de défense.

“La plus grande force de Hamas contre les Israéliens était sa vaste série de tunnels construits avec un coût estimé à un milliard de dollars”, affirment David Petraeus et Andrew Roberts dans leur livre sur l’évolution du conflit militaire.

Tactiques et implications militaires

Les tunnels offrent des avantages stratégiques en neutralisant la supériorité technologique des adversaires. Alors qu’Israël a tenté de contrer ces menaces avec des unités spécialisées et des bombes capables d’atteindre des cibles sous terre, la réalité reste complexe. En effet, les tunnels de Hamas servaient, non seulement de refuge, mais aussi d’infrastructures pour le commandement et la logistique.

La menace iranienne sous la surface

En mars 2026, l’armée israélienne a ciblé un complexe souterrain associé au président iranien. Selon les rapports, ce bunker mesurait cinq kilomètres de long et 50 mètres de profondeur, illustrant la portée de la construction souterraine en Iran.

La Garde révolutionnaire iranienne, ayant également développé des compétences en ingénierie civile, s’est fièrement engagée dans des constructions semblables, reproduisant à Téhéran les succès observés à Gaza.

Les défis de l’Iran

Cependant, le défi majeur pour l’Iran réside dans l’impopularité de son régime. Contrairement aux habitants de Gaza, qui ont protégé leurs tunnels par nécessité économique, le système secret iranien pourrait être difficile à maintenir face à un mécontentement croissant. Les tunnels peuvent ne pas obtenir le même niveau de protection que ceux de Gaza, où les besoins de subsistance ont rendu leur préséance incontournable.

Conclusion : une guerre à plusieurs niveaux

La guerre moderne est complexe, s’étendant au-delà de la simple confrontation militaire. Les tunnels de Téhéran, inspirés du modèle de Gaza, ajoutent une nouvelle dimension à cette complexité. Si des interventions militaires étrangères devaient se produire, elles rencontreraient des défis sans précédent, tant sur le plan opérationnel que moral. Les conflits futurs pourraient donc s’ancrer dans cette dualité entre le visible et l’invisible, dans une lutte pour le contrôle qui se jouera autant sous terre qu’au-dessus.



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