Les Tunas Universitaires : Un Trésor Culturel Menacé
Su image est emblématique : capes colorées, jubons, ces costumes traditionnels qui font vibrer les campus espagnols. Les tunas universitaires ne sont pas seulement des groupes de musique ; elles incarnent un patrimoine culturel vivant en Espagne. Cependant, ce patrimoine fait face à des défis de taille et nécessite une protection adéquate. C’est dans ce contexte que la Junta de Castilla y León a récemment déclaré cette tradition un Bien d’Intérêt Culturel (BIC) immatériel, soulignant l’urgence de la préserver.
Une Décision Cruciale pour la Tradition
Le 27 novembre, le Conseil de Gouvernement de Castilla y León a pris une décision marquante envers les tunas, officialisée par leur publication dans le Boletín Oficial del Estado. Cette reconnaissance sert de tremplin pour la valorisation des tunas, qui, malgré leur vitalité, se heurtent à des “menaces”. La Junta insiste sur la nécessité de protéger cette tradition, qui est profondément ancrée dans l’histoire universitaire régionale.
Une Histoire Ancrée dans le Temps
Les origines des tunas remontent à la basse époque médiévale. Ces groupes étaient formés principalement par des étudiants issus de milieux modestes, qui jouaient de la musique en échange de nourriture ou d’argent. Malgré les crises, notamment au XIXe siècle où elles frôlèrent la disparition, les tunas ont connu un renouveau grâce au mouvement romantique. La guerre civile espagnole a également menacé leur survie, mais la tradition a su se renforcer dans les années 1940 à 1970, devenant un symbole du folklore étudiant.
L’État Actuel des Tunas
Actuellement, entre 20 et 30 tunas universitaires actives sont présentes à Castilla y León, générant un “mosaïque vivant” de cultures musicales. Néanmoins, la santé de ces groupes laisse à désirer. Un rapport récent souligne le vieillissement des membres et l’absence de nouvelles recrues comme un risque majeur. Par exemple, dans la tuna de Droit de l’Université Complutense, seulement 15 des 150 membres ont moins de 30 ans. Cette représentation montre bien que la tradition attire de moins en moins d’étudiants actifs.
Les Défis À Relever
Pourquoi une telle baisse d’intérêt ? Plusieurs facteurs entrent en jeu : les goûts musicaux évoluent, le soutien économique fait défaut, et d’autres types d’assemblées comme les charangas gagnent en popularité. Selon des membres de différentes tunas, l’accès à des performances a diminué, ce qui dissuade de possibles nouveaux entrants. Pourtant, beaucoup conviennent que la tuna reste un excellent moyen de créer des amitiés durables autour de la musique.
Vers un Avenir Prometteur ?
Malgré ces défis, l’enthousiasme pour les tunas perdure. La déclaration BIC permet de leur offrir une nouvelle visibilité et des ressources pour se promouvoir. Il est impératif que les futures initiatives ne laissent pas cette tradition se diluer, mais qu’elles créent des opportunités pour un nouveau public.
En conclusion, la reconnaissance des tunas universitaires comme Bien d’Intérêt Culturel est une première étape cruciale. Cependant, une action continue sera nécessaire pour assurer que ce patrimoine musical et culturel ne disparaisse pas, mais continue d’évoluer et de s’enrichir à travers les générations à venir.

