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Les nouvelles tensions commerciales entre la Chine et les États-Unis

Le chef du régime chinois, Xi Jinping, lors d’un événement public à Pékin, le 30 septembre (Reuters)

La Chine et les États-Unis se retrouvent à nouveau au centre de tensions commerciales. Cette fois-ci, les restrictions imposées par le régime chinois concernant l’exportation de minéraux rares ont suscité des réactions parmi les principaux alliés américains. Cette dynamique offre à l’administration de Donald Trump une occasion inespérée de regagner du terrain diplomatique après plusieurs années de friction sur le plan commercial.

Des discussions au sommet économique

Récemment, lors d’une réunion annuelle des leaders économiques mondiaux à Washington, la décision de la Chine d’introduire des contrôles sans précédent sur la chaîne d’approvisionnement de ses terres rares a été au cœur des débats. Selon un rapport de Bloomberg, le secrétaire du Trésor, Scott Bessent, a révélé que les États-Unis entament des discussions avec leurs homologues en Europe, en Australie, au Canada, en Inde, ainsi qu’avec d’autres démocraties asiatiques pour formuler une réponse collective à ces mesures prises par Beijing.

L’unité des puissances occidentales

Dans ce contexte, le ministre des Finances japonais, Katsunobu Kato, a appelé les membres du Groupe des Sept à “s’unir et répondre” face à cette nouvelle politique jugée coercitive par le régime chinois. Parallèlement, le ministre allemand a évoqué la possibilité d’une réaction adéquate et coordonnée entre les nations du bloc.

Alors que le premier ministre australien prévoit de se rendre à Washington la semaine prochaine pour négocier des accords concernant les chaînes d’approvisionnement de minéraux critiques, l’objectif est clair : diversifier les sources et réduire la dépendance vis-à-vis de la Chine.

Les justifications chinoises

Beijing a justifié ses nouvelles restrictions en les présentant comme une réponse aux contrôles renforcés imposés par les États-Unis. Cependant, ces normes exigent désormais que même les exportateurs étrangers obtiennent des permis pour expédier des produits contenant des traces de certains minéraux chinois dans le monde entier. Cela soulève des préoccupations majeures quant à l’impact que cela pourrait avoir sur l’approvisionnement international.

Le directeur adjoint de recherche sur la Chine chez Gavekal Dragonomics, Christopher Beddor, a mis en garde contre les risques liés à cette stratégie. Il a affirmé que le plus grand danger résidait dans une potentielle surenchère du gouvernement chinois, qui pourrait nuire à ses relations internationales, en perturbant les chaînes d’approvisionnement mondiales de terres rares.

Les enjeux d’une rencontre entre Xi Jinping et Donald Trump

Cette escalade des tensions coïncide avec une rencontre imminente entre Xi Jinping et Donald Trump en Corée du Sud, qui sera la première en six ans. Les négociateurs des deux pays devraient se rencontrer la semaine prochaine, ce qui pourrait marquer le début d’une période de détente et potentiellement prolonger la trêve tarifaire en cours. Cependant, des signaux indiquent que la Chine continuera à maintenir le cadre légal qu’elle a développé depuis des années pour réguler ses exportations.

Un jeu dangereux

Le jeu actuel, qu’il s’agisse d’une erreur de calcul de Beijing ou d’une manœuvre délibérée, représente un défi pour les tentatives de la Chine de renforcer ses relations diplomatiques. Il y a quelques semaines, la convivialité affichée par Xi avec le premier ministre indien, Narendra Modi, avait pour but de positionner la Chine comme un partenaire alternatif face aux changements dans la politique étrangère américaine.

La menace d’une diversification

Le représentant commercial américain, Jamieson Greer, a averti que les restrictions chinoises pourraient avoir des répercussions mondiales. Il a qualifié ces mesures d’“inimaginables”, mentionnant les risques pour des secteurs tels que l’intelligence artificielle et les électroménagers. Greer a mis en avant que la portée de ces restrictions s’étend à de nombreux pays, comme le commerce de smartphones entre la Corée du Sud et l’Australie, et même l’exportation de voitures fabriquées aux États-Unis vers le Mexique.

Ainsi, la capacité de la Chine à gérer l’énorme volume de formalités administratives demandées pourrait déterminer l’impact de ses mesures. Une gestion maladroite pourrait entraîner une pression sur des partenaires clés. De plus, cela pourrait susciter un mouvement réactif vers d’autres sources d’approvisionnement en minéraux critiques, ce qui, selon l’économiste en chef pour l’Asie-Pacifique chez Natixis, Alicia García Herrero, pourrait avoir des conséquences très défavorables pour la Chine.

Une réponse réglementaire en Europe

Du côté de l’Union Européenne, des discussions sont en cours pour exiger des entreprises chinoises qu’elles transfèrent des technologies à des entreprises européennes comme condition pour opérer sur le territoire européen. La décision des Pays-Bas de prendre le contrôle de Nexperia illustre que la Chine pourrait se retrouver désavantagée si les pays doivent faire des choix clairs entre leurs partenaires commerciaux.

Ce climat de tension souligne la complexité des relations commerciales et la nécessité pour chaque nation de trouver un équilibre entre la coopération et la précaution dans un monde en constante évolution.



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