Suspension du vaccin IXCHIQ pour les plus de 65 ans au Royaume-Uni
Le Royaume-Uni a récemment pris la décision de suspendre l’administration d’un vaccin nouvellement approuvé, destiné aux personnes de plus de 65 ans, après avoir reçu des rapports faisant état de deux décès et de 21 réactions sévères. Ce vaccin est conçu pour lutter contre le virus Chikungunya, qui n’est pas présent au Royaume-Uni, mais auquel les Britanniques peuvent être exposés lors de voyages à l’étranger.
Le virus Chikungunya : Présentation et transmission
Le virus Chikungunya est principalement trouvé dans les régions subtropicales des Amériques, d’Afrique, d’Asie du Sud-Est, d’Inde, dans le Pacifique et, de plus en plus, en Europe. Il est transmis à l’homme par des moustiques infectés, mais ne peut pas être transmis d’une personne à l’autre. Les personnes infectées peuvent développer une fièvre soudaine et des douleurs articulaires sévères (arthralgie), avec d’autres symptômes tels que des maux de tête, des douleurs musculaires, un gonflement des articulations ou une éruption cutanée.
Un contexte préoccupant pour le vaccin IXCHIQ
Bien que le vaccin IXCHIQ ait été approuvé au Royaume-Uni, il n’a pas encore été déployé, et, pour le moment, il n’y a pas de préoccupations de sécurité au sein du pays. Cependant, la décision de suspendre son utilisation pour les personnes de plus de 65 ans a été prise suite à des rapports mondiaux faisant état de 23 cas de réactions adverses sérieuses, y compris deux décès. Les deux cas fatals sont survenus dans le département français d’outre-mer La Réunion, où une campagne de vaccination est actuellement en cours à la suite d’une épidémie de Chikungunya.
Les cas mortels signalés
Les deux décès signalés incluent un homme de 84 ans qui a développé une encéphalite, une inflammation du cerveau souvent causée par des infections, et un homme de 77 ans souffrant de la maladie de Parkinson dont les difficultés de déglutition se sont aggravées, entraînant probablement une pneumonie par aspiration. La Commission sur les médicaments humains (CHM) a décidé d’adopter cette mesure par précaution, en attendant qu’une nouvelle évaluation de la sécurité soit complétée.
Aucun changement pour les adultes de 18 à 64 ans
Il est important de préciser qu’il n’y a aucun changement dans les recommandations pour la vaccination avec IXCHIQ pour les personnes âgées de 18 à 64 ans. Le vaccin n’est cependant pas approuvé pour les individus souffrant d’immunodéficience ou d’immunosuppression en raison de maladies ou de traitements médicaux. La MHRA (Medicines and Healthcare products Regulatory Agency) collabore avec le fabricant du vaccin, Valneva, pour évaluer la situation.
Les symptômes et traitements du Chikungunya
Les personnes infectées par le virus Chikungunya n’ont généralement pas à s’inquiéter, car les symptômes se résolvent typiquement dans les 7 à 10 jours, et la plupart des patients rétablissent complètement. Cependant, dans certains cas, des douleurs articulaires peuvent persister pendant plusieurs mois, voire plusieurs années. Des complications oculaires, neurologiques et cardiaques ont également été signalées, accompagnées de problèmes gastro-intestinaux. Il arrive parfois que des personnes développent une maladie aiguë sévère, pouvant mener à une insuffisance multiviscérale et, dans les cas extrêmes, à la mort.
Un contexte épidémiologique alarmant
Récemment, La Réunion a enregistré plus de 47 500 cas de Chikungunya, avec 12 décès signalés. Au Royaume-Uni, en 2024, 112 cas de Chikungunya ont été signalés en Angleterre, au Pays de Galles et en Irlande du Nord chez des voyageurs arrivants ou retournant au pays, ce qui représente presque un niveau et demi supérieur à celui de l’année précédente.
Alors que le virus Chikungunya est généralement bénin, il peut poser des risques sérieux pour les populations vulnérables. Il n’existe actuellement pas de traitement antiviral spécifique, mais des médicaments comme le paracétamol peuvent être utilisés pour soulager la fièvre et la douleur. La vigilance est de rigueur et la surveillance continue indispensable pour garantir la sécurité des vaccins et la santé publique.

