La montée du spam à travers les notifications

En août 2023, j’ai invité Wallapop sur X à cesser l’envoi de notifications absurdes, comme “¡Hola! ¿Cómo te encuentras hoy? ¿Has dormido como un bebé?” Ce cas devient emblématique d’un problème persistant dans notre ère numérique: l’abus des notifications, qui en est venu à ressembler à du spam.

Une question de fatigue par notification

Près de trois ans plus tard, cette situation s’est aggravée dans l’industrie des applications. Mon banque m’informe d’assurances sur habitation avant de m’avertir d’événements importants. Uber Eats me fait la promotion de hamburgers que je n’ai pas commandés. Spotify me vante un podcast qui ne m’intéresse pas. Ce phénomène est connu sous le terme de fatigue par notifications, et la solution semble simple : les désactiver.

Le dilemme du désabonnement

C’est ici que la difficulté surgit. Il est impossible de couper les promotions de ma banque sans également manquer les alertes sur un prélèvement suspect. Il en va de même pour les offres d’Uber Eats : désactiver les notifications entraînerait un risque de ne pas voir mon livreur arriver. Les applications mélangent intentionnellement les messages transaccionnels et publicitaires, offrant peu de possibilités de séparation sans plonger dans des menus de configurations complexes.

Une stratégie de saturation

Ce n’était pas le cas avec les SMS, car chaque message avait un coût. L’envoi d’un SMS incitait les entreprises à réfléchir à la pertinence de leur communication. Les notifications push sont gratuites: qu’elles soient nombreuses ou limitées, le coût reste le même. Ainsi, beaucoup choisissent de saturer l’utilisateur plutôt que de le désengager.

Les politiques de protection

Apple interdit depuis 2020 l’envoi de notifications promotionnelles sans opt-in, et Google a des politiques similaires. Cependant, les entreprises contournent ces règles en déguisant leurs contenus publicitaires avec des éléments transaccionnels (par exemple : “votre commande est prête… et découvrez cette offre spéciale”). Cette situation évoque le contraste des transports publics, où des règles sont affichées, mais rarement appliquées.

Une normalisation inacceptable

Nous avons en quelque sorte accepté que notre banque, qui gère notre argent, utilise ce moyen personnel pour envoyer sa publicité. Nous continuons à désactiver les notifications une par une, app par app, en cherchant la moindre option de filtrage, jusqu’à ce qu’un jour, nous manquions quelque chose d’essentiel. C’est cette partie invisible qui n’apparaît pas dans les rapports de conversion.

Conclusion

Dans ce monde d’applications qui inondent nos téléphones d’informations, il est crucial que nous prenions du recul et cherchions des solutions pour ne pas sacrifier nos alertes importantes sur l’autel des promotions indésirables. La transparence et le respect de l’utilisateur doivent devenir une priorité dans cette ère du numérique.



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