Le harcèlement des banques au Mexique
Au Mexique, le recouvrement de dettes par téléphone est devenu une source de stress pour de nombreuses personnes. Les appels incessants, les messages à toute heure et les comportements intrusifs ont fait de cette pratique un abus courant avant même de comprendre les responsabilités qui en découlent. Bien souvent, l’attention se concentre sur l’agence de recouvrement en contact. Cependant, derrière ces appels se cache une institution financière qui les mandate.
Une décision judiciaire marquante
La résolution clé. Le 15 janvier 2026, la Cour Suprême de Justice de la Nation (SCJN) a mis un terme à un argument avancé par certaines banques cherchant à éviter des sanctions liées à leur rapport sur les agences de recouvrement. Ce jugement a validé un cadre légal qui permet à la CONDUSEF d’imposer des amendes en cas de non-respect de ces obligations d’information. Ce cadre stipule également qu’il existe une limite temporelle : l’autorité dispose d’un maximum de 180 jours pour agir, à compter de la date d’audience garantie.
Les implications du jugement
Ce qui change réellement. Le jugement ne concerne pas simplement une question technique entre tribunaux et institutions financières. La responsabilité ne se limite plus à l’agence qui adopte des pratiques inappropriées, mais peut également s’étendre à l’institution qui a engagé ces agences si elle ne respecte pas ses obligations de rapport envers la CONDUSEF. En d’autres termes, les banques ne peuvent plus se cacher derrière l’excuse d’un tiers, car leur omission peut également entraîner des sanctions.
Origine du conflit
Le contexte de la décision. Pour comprendre l’issue de cette affaire, il faut remonter au 14 octobre 2022, date à laquelle un texte publié dans le DOF a introduit de nouvelles obligations pour les institutions financières vis-à-vis des agences de recouvrement. Parmi celles-ci, l’enregistrement de ces tiers au Registre des agences de recouvrement et la nécessité de rendre compte des plaintes des utilisateurs. Les amendes qui ont suivi ont été directement issues de ce précédent légal.
Réaction des institutions financières
La voie légale. Suite aux amendes pour non-conformité, plusieurs banques ont choisi de contester les décisions devant les tribunaux. Ces recours ont pris fin avec l’Amparo en Revisión 323/2025. Dans le cas examiné, l’entité sanctionnée a prétendu que les règles concernant les obligations d’information manquaient de clarté et ne précisaient pas les délais de sanction, affirmant ainsi sa défense.
La réponse de la Cour Suprême
Clarté et cohérence. La SCJN a rejeté l’argument du flou entourant les règlements. Elle a affirmé que le cadre régissant les rapports sur les agences de recouvrement est clair et précis, identifiant les sujets concernés et établissant les normes à respecter. En conséquence, elle a conclu que les principes de légalité et de sécurité juridique, invoqués par la banque contestataire, n’étaient pas violés.
Conséquences pour l’avenir
Changements à venir. Ce jugement ne crée pas de nouvelles règles, mais confirme et renforce celles qui existent. Les banques devront faire face à des sanctions administratives plus fréquentes en cas de non-respect des obligations d’information. Cela renforce la position de la CONDUSEF, garantissant que les institutions financières peuvent désormais être tenues pour responsables.
Les changements au sein du système bancaire mexicain visent à offrir plus de protections aux consommateurs et à instaurer un cadre juridique strict pour le recouvrement de dettes. C’est un pas vers la fin des abus et un moyen de restaurer la confiance entre les institutions financières et les citoyens.

