Le déclin de la consommation d’alcool et de tabac

Depuis des décennies, la rébellion adolescente était souvent associée à des comportements tels que le botellón, la consommation de tabac en cachette, ou le fait de fumer un joint. Cependant, les jeunes d’aujourd’hui, notamment en Espagne, illustrent un changement significatif dans leurs habitudes. D’après l’enquête ESTUDES 2025 menée par le Ministère de la Santé, le pourcentage de jeunes de 14 à 18 ans ayant goûté à l’alcool est passé de 81,4 % en 1994 à 73,9 % en 2025. Le nombre de jeunes ayant consommé de l’alcool au cours des 30 derniers jours est également en baisse, atteignant 51,8 %.

Les tendances sont similaires pour le cannabis, qui connaît également un déclin historique parmi les jeunes. Cependant, un nouveau défi se profile à l’horizon : l’utilisation croissante des vapers et des cigarettes électroniques, qui semblent séduire cette tranche d’âge malgré les tentatives de réglementation.

Une nouvelle forme d’addiction

Malgré ces chiffres encourageants, la situation est complexe. Les rapports du Ministère de la Santé révèlent que le temps passé en extérieur à consommer de l’alcool ou à fumer se réduit, car les jeunes se tournent principalement vers la technologie. Un rapport souligne certains chiffres alarmants :

  • 19,4 % des étudiants âgés de 14 à 18 ans souffrent d’un usage problématique d’Internet.
  • 15,3 % montrent des signes clairs de dépendance aux réseaux sociaux, souvent piégés dans le doomscrolling.
  • 5,2 % présentent des symptômes apparentés à l’addiction aux jeux vidéo, exacerbés par des mécanismes tels que les ‘loot boxes’.

Un défi à relever

Ces données indiquent que le problème de l’addiction chez les jeunes a évolué. Alors qu’auparavant, il était facile de reconnaître un adolescent qui fumait à cause de l’odeur de la cigarette, aujourd’hui, il est possible qu’un jeune développe des comportements addictifs derrière une porte fermée, sans que ses parents s’en aperçoivent, pensant simplement qu’il est “sur son téléphone”.

Politiques publiques en réponse à une nouvelle réalité

Face à cette problématique moderne, les politiques publiques doivent s’adapter. Des mesures commencent à émerger pour lutter contre ces nouvelles formes d’addiction. Par exemple, la proposition d’interdire l’accès aux réseaux sociaux pour les moins de 16 ans vise à contrôler ces comportements addictifs que les applications renforcent souvent par leurs designs.

Il est impératif de prendre conscience de cette réalité et d’agir pour sensibiliser les jeunes sur les dangers associés à l’utilisation excessive d’Internet et des réseaux sociaux. L’avenir de la jeunesse et de la santé mentale dépend de notre capacité à adresser ces enjeux contemporains.



F1-ES