La course à la suprématie en matière d’intelligence artificielle (IA) entre les États-Unis et la Chine entre dans une nouvelle dimension, centrée sur les applications physiques de l’IA. Ces applications, qui impliquent l’intégration de modèles d’IA dans des dispositifs mécaniques comme les robots humanoïdes ou les machines d’automatisation industrielle, s’imposent progressivement comme un enjeu majeur.
Les règles qui définiront les leaders de cette industrie émergente diffèrent de celles gouvernant actuellement les modèles d’IA et les applications logicielles. La robustesse de la chaîne d’approvisionnement joue un rôle crucial, surtout lorsque les produits deviennent des dispositifs matériels avancés. Dans ce contexte, des pays comme Taïwan, le Japon, la Corée du Sud et, surtout, la Chine, possèdent un net avantage sur les États-Unis et l’Europe.
La stratégie de Chine : un modèle de réussite dans le secteur automobile
Pour comprendre la domination asiatique, un détour par le marché des semi-conducteurs est révélateur. Actuellement, l’Asie produit 90 % des puces mémoire, 75 % des microprocesseurs et 80 % des plaquettes de silicium. Ces chiffres monumentaux placent l’Occident dans une position délicate à court terme.
La concurrence entre les États-Unis, l’Europe et les entreprises chinoises comme UBTech Robotics, Agibot ou Unitree Robotics devient de plus en plus difficile.
Le secteur des voitures électriques illustre également cette domination. La Chine, à elle seule, détient une part de marché mondiale de 62 %. De plus, les entreprises sud-coréennes comme LG Energy Solution, SK On et Samsung SDI contrôlent 16 % du marché mondial des batteries pour voitures électriques. La position du Japon, qui mène la production de voitures hybrides tout en étant en retard sur les véhicules électriques purs, est particulière.
La force de la Chine dans le marché des voitures électriques et le leadership de l’Asie dans la fabrication de circuits intégrés reposent sur une chaîne d’approvisionnement robuste et une capacité de production impressionnante. Jixun Foo, directeur senior de Granite Asia, spécialisé dans les investissements technologiques, souligne que “l’IA ne traite pas seulement des modèles ou des applications logicielles […] notre force réside dans la chaîne d’approvisionnement, le matériel et les capacités d’ingénierie”.
C’est là la clé. La Chine applique la même stratégie dans le développement d’applications physiques de l’IA que celle qui l’a propulsée en tête du marché des voitures électriques. Son contrôle rigoureux de la chaîne d’approvisionnement, sa capacité de production et sa gestion des coûts lui confèrent, sans aucun doute, un avantage significatif dans l’industrie des robots humanoïdes et des machines d’automatisation. La concurrence ne se limite pas seulement aux États-Unis; l’Europe se trouve également à un désavantage face à des entreprises chinoises déjà bien établies comme UBTech Robotics, Agibot ou Unitree Robotics.
Image | UBTech Robotics
Pour plus d’informations, consultez cet article sur SCMP.
En conclusion, alors que les États-Unis tentent de ne pas se laisser distancer par la montée en puissance de la Chine, cette dernière a réussi à sécuriser 35 % de sa production de machines à puces. Les enjeux sont élevés, et les retombées futures de cette lutte technologique détermineront le paysage économique global.

