Le marché de la nourriture pour animaux en Espagne
En Espagne, la consommation de poisson a considérablement diminué au cours des dernières décennies, tandis que le nombre de mascotes a explosé. Dans ce contexte, les pêcheries traditionnelles, qui ont toujours été des piliers de la gastronomie espagnole, prennent de nouvelles initiatives pour s’adapter à cette réalité.
Une tendance croissante
La fédération espagnole des pêches, Fedepesca, a récemment lancé une campagne originale visant à promouvoir la vente de nourriture pour animaux dans les pêcheries. L’objectif est de stimuler les ventes en proposant des aliments contenant du poisson, idéal pour les chiens et les chats. Cette démarche s’inscrit dans une stratégie plus large visant à attirer les clients qui achètent déjà du poisson pour leur famille à étendre leurs achats à leurs compagnons à quatre pattes. Le slogan de cette campagne est clair : « Dans la pêcherie, il y a aussi de la nourriture pour ton compagnon poilu ! »
La logique de l’approvisionnement unique
Si les pêcheries ont toujours été considérées comme des sources fiables de produits de la mer, pourquoi ne pas en faire également des points de vente pour les aliments pour animaux ? C’est l’idée derrière la nouvelle initiative de Fedepesca. Selon leur évaluation, les clients font déjà confiance aux pêcheries pour les achats destinés à leur famille, et il n’y a pas de raison pour qu’ils ne prescrivent pas la même confiance pour la nourriture de leurs animaux.
Cette idée pourrait facilement permettre aux pêcheries de diversifier leurs activités tout en maintenant une image d’entreprise au service de “toute la famille”. La réussite de cette initiative pourrait également inspirer d’autres pêcheries à suivre cet exemple.
Chiffres en déclin pour la consommation de poisson
Malgré ces efforts, la consommation de poisson en Espagne connaît une diminution continue. Selon les données les plus récentes, la consommation de produits marins a chuté de 2,7 % entre avril 2024 et mars 2025, ce chiffre atteignant 4,3 % si l’on ne considère que le poisson. Les statistiques indiquent que le taux de consommation annuel par habitant est tombé à 18,9 kg en 2023, là où il était près de 30 kg en 2009.
Cette tendance à la baisse ne semble pas prête à s’inverser, au point que les pêcheries traditionnelles doivent explorer de nouvelles avenues de revenu, comme les ventes en ligne ou la nourriture pour animaux.

Une population animale en plein essor
En revanche, la population de mascotes connaît une forte augmentation. Les chiffres montrent qu’il y a désormais plus de 9,3 millions de chiens et environ 5,8 millions de chats en Espagne, ce qui dépasse en nombre la population d’enfants. Une étude a même révélé qu’il y a 10,8 millions de mascottes enregistrées, un marché en pleine expansion qui tend à générer des revenus énormes.
Les volumes de vente de la nourriture pour animaux ont connu une croissance significative, atteignant plus de 573 210 tonnes en 2024. En d’autres termes, les entreprises liées au secteur des animaux de compagnie devraient continuer à croître, ce qui représente une opportunité considérable pour les pêcheries.
Un marché lucratif sur le plan mondial
Les perspectives ne s’arrêtent pas aux frontières espagnoles. Selon une étude de Fortune Business Insights, le marché mondial du soin des animaux devrait atteindre des chiffres vertigineux. Les prévisions estiment que le marché pourrait atteindre 259,370 milliards de dollars d’ici 2024 et même dépasser les 428,000 milliards au début de la prochaine décennie.
Il devient alors évident que le secteur de la nourriture pour animaux n’est pas seulement une tendance passagère, mais une industrie en pleine expansion. Avec autant de données à l’appui, les pêcheries ont tout à gagner en intégrant ces produits dans leur offre.
En conclusion, les pêcheries espagnoles doivent s’adapter à l’évolution des habitudes de consommation tout en s’alignant sur les tendances actuelles. En vendant de la nourriture pour animaux en plus de produits de la mer, elles pourraient non seulement attirer de nouveaux clients, mais aussi renforcer l’idée qu’elles sont un point de vente communautaire pour “toute la famille”, y compris les membres à quatre pattes.

