## La guerre technologique entre États-Unis et Chine

Les tensions commerciales et technologiques entre les États-Unis et la Chine ont eu des implications significatives pour Nvidia, un leader de l’intelligence artificielle (IA). Alors que la société cherche à maintenir une domination sur le marché américain, elle commence à ressentir le besoin de s’ouvrir à la Chine. Cependant, le marché chinois a évolué au cours des derniers mois, rendant la position de Nvidia plus précaire.

### La lumière verte, mais…

Jensen Huang, le PDG de Nvidia, a récemment exprimé le fait que l’entreprise a perdu son monopole sur les GPU pour l’IA en Chine, se retrouvant avec une part de marché de 0 %. Les restrictions commerciales, imposées par Washington, ont longtemps empêché Nvidia de vendre ses produits les plus performants sur le marché chinois. Cela a conduit Huang à faire pression sur le gouvernement américain pour rouvrir les portes aux ventes, soulignant que la Chine développerait inévitablement ses propres alternatives.

### Les géants chinois se tournent vers des solutions internes

Avec l’assouplissement des restrictions, le Département du Commerce des États-Unis a désormais autorisé dix entreprises chinoises, telles que Foxconn et Lenovo, à acheter le H200, le second chip IA le plus puissant de Nvidia. Cependant, l’adoption de ces puces par les entreprises chinoises n’est pas encore effective. Tencent, par exemple, a déclaré qu’ils avaient l’intention d’investir massivement dans des partenaires locaux plutôt que d’acheter des chips étrangers. Dans une optique similaire, Alibaba et ByteDance s’orientent vers le développement de leurs propres solutions matérielles, telles que des processeurs.

### Un focus sur l’autosuffisance technologique

L’objectif national de la Chine implique que 50 % des centres de données gouvernementaux utilisent des circuits intégrés fabriqués localement. C’est dans ce contexte que des entreprises chinoises cherchent à créer des alternatives aux GPU de Nvidia, renforçant ainsi leur indépendance technologique. Avec une approche axée sur le développement interne, ces entreprises visent à réduire leur dépendance à l’égard des fournisseurs étrangers, comme Nvidia.

### L’ère de l’inférence

Alors que l’entraînement de l’IA nécessite toujours des GPU, l’accent se déplace vers l’inférence, une phase où les processeurs prennent une importance accrue. Des entreprises comme AMD, Intel et ARM développent également des solutions pour ce marché. Huawei, en particulier, est bien positionné pour capitaliser sur ce besoin, en adaptant ses processeurs pour répondre aux demandes spécifiques des entreprises chinoises.

### Un défi bureaucratique pour Nvidia

Dans ce contexte, Nvidia se retrouve dans une position délicate. Les lenteurs bureaucratiques et les groupes de pression aux États-Unis complicent la situation pour la société, qui doit faire face à des processus d’exportation longs et compliqués. Ces défis, associés à une concurrence locale renforcée, mettent en péril la part de marché de Nvidia en Chine.

### Une opportunité qui se transforme en menace

Alors que la société américaine espérait récupérer une part de marché en Chine, les initiatives de développement technologique du pays pourraient remettre en question cette stratégie. Huawei prévoit de produire 750 000 puces cette année, un chiffre trois fois supérieur à celui de l’année précédente, et Nvidia pourrait rater une opportunité de 50 milliards de dollars sur le marché de l’IA chinois.



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