Perception du seuil de la condition de pauvreté
Les résultats portent sur la perception des seuils de revenus individuels qui déterminent un état de pauvreté et la composition de la “pyramide sociale” du pays. Concernant les revenus, il ressort que pour 28% une personne vivant seule avec un revenu inférieur à 1 000 euros par mois est à considérer comme pauvre et pour 28% encore avec un revenu inférieur à 800 euros. Mais il y a aussi un pourcentage non négligeable, 26 %, qui fixe ce seuil à 1 200 euros. Une photographie qui transparaît aussi dans la perception de la « pyramide sociale » du pays, définie à partir de l’appréciation exprimée par les interviewés en référence à leurs revenus et conditions de vie. Ainsi, contre 33 % qui expriment une perception positive, déclarant que 6 % appartiennent à la classe supérieure et 27 % à la classe moyenne, pas moins de 66 % perçoivent une position sociale « problématique ». 39 %, en effet, sont placés dans une classe moyenne « décroissante », avec un revenu qui ne permet pas le luxe ; 15% dans la classe “fragile”, difficilement en fin de mois ; 11% dans la classe inférieure, avec la perception d’avoir moins que nécessaire ou de se sentir pauvre.
Des difficultés qui trouvent une correspondance dans la part (41%, mais 63% dans la classe populaire) de ceux qui se sentent partiellement (33%) ou totalement (8%) exclus de la société actuelle, sans compromettre la prévalence (56%, et 71% dans la classe moyenne) de ceux qui, au contraire, se sentent bien ou complètement inclus.L’enquête s’est ensuite concentrée sur certains aspects particulièrement sensibles en termes de possibles tensions sociales. A commencer par la peur de perdre son emploi, exprimée par 44% des interviewés (32% assez, 11% beaucoup), qui monte à 67% dans la classe ouvrière. De plus, la perception, exprimée par 81% des personnes interrogées, d’une augmentation de la pauvreté (qui par 18% est considérée comme très importante) dans leur propre ville ou commune de résidence est nette. Enfin, comme prévu, près de 6 Italiens sur 10 (58%) pensent qu’il est possible que l’augmentation des inégalités de revenus provoque des vagues de protestation contre les riches et les privilégiés.
Lusetti (Legacoop) : l’inflation modifie la perception que les Italiens ont d’eux-mêmes
« L’Italie glisse dans la récession – a souligné Mauro Lusetti, président de Legacoop – et depuis des mois la chute de la confiance italienne a anticipé des événements qui se réaliseront rapidement. L’augmentation des coûts et des prix, la baisse de la consommation, l’explosion des factures, non seulement effraient et privent de sommeil, mais modifient la perception que les Italiens ont d’eux-mêmes, et donc la structure de notre pays. Des pans de plus en plus larges de la population se sentent pauvres, fragiles, précaires, exposés à des incertitudes qui prédisent de sombres et un avenir qui leur fait peur. Nous avons dit à plusieurs reprises qu’il fallait des politiques urgentes, à partir d’un “état d’urgence”, non seulement pour défendre l’économie, mais pour protéger nos communautés, pour ralentir la propagation de cette peur sociale qui peut devenir une colère sociale. Il n’y a pas de développement économique sans la confiance que les choses peuvent s’améliorer ».

