“Une. Deux. Trois.” Mister Rosewater compte sombrement le produit d’aujourd’hui. Trois maigres euros ont rapporté son spectacle de marionnettes, qui est dans la famille depuis des siècles. Après des années de dur labeur, il décide d’arrêter. Il met tout le stand de santen en vente. Cependant, M. Rozenwater entre bientôt en conflit avec ses poupées, qui se sentent trahies, et avec la nouvelle propriétaire Miss Bedding, une féministe qui préfère mettre le feu au théâtre de marionnettes par manque de politiquement correct.

L’écrivain Ad de Bont et le réalisateur Paul Knieriem se consacrent dans un détour absurde à un thème qui préoccupe de nombreux artistes et amateurs d’art : quelles histoires périmées mériteraient une mise à jour ? Des performances intéressantes ont été faites à ce sujet depuis des années, comme le Crash-test Ibsensérie de Sarah Moeremans, dans laquelle des personnages des pièces classiques d’Henrik Ibsen se rebellent contre les idées dépassées de l’écrivain.

Spectacle de marionnettes van de Toneelmakerij commence fort, avec une scène de théâtre de marionnettes hilarante qui suit exactement l’ancien schéma : Katrijn nettoie, Jan Klaassen va travailler, et quand De Dood vient lui rendre visite, Jan le bat avec une spatule pendant que Katrijn tremble dans un coin. Les belles marionnettes de la scénographe Catharina Scholten et le jeu énergique des acteurs Denise Aznam et Floyd Koster débordent de charme. La représentation par Aznam du propriétaire du théâtre de marionnettes en difficulté, Mister Rosewater, est particulièrement remarquable: elle parvient à lui fournir à la fois du pathétique et un timing comique magistral.

Le conflit entre Rozenwater et Bedding est également bien mis en lumière : la conservatrice acariâtre contre la féministe moralement supérieure, ça ne mérite pas un prix de subtilité, mais ça colle à l’ambiance satirique.

‘Spectacle de marionnettes’ avec Floyd Koster (à gauche) et Denise Aznam.

La photo de Sanne Pepper

Fainéant

Perdu à mi-chemin de la performance Spectacle de marionnettes cependant toute cohérence. Le nombre énorme de thèmes que les créateurs introduisent dans la première moitié (rôles de genre dépassés, racisme systémique, comportements sexuellement transgressifs, polarisation dans la société) semblent avoir grandi au-dessus de leurs têtes. Et on ne sait toujours pas ce qu’ils veulent dire sur ces sujets maintenant. Les personnages font soudain des choix qui n’ont aucun rapport avec ce qui précède et les conflits introduits sont commodément écartés.

Au final, la performance se termine par une nouvelle version du spectacle de marionnettes qui ne va nulle part et s’enlise dans le désordre. Peut-être que les créateurs voulaient faire valoir qu’il ne fallait pas trop altérer les structures séculaires de l’histoire, mais comme de nombreux autres créateurs ont réussi à le faire de manière intéressante, ils montrent principalement leur propre manque d’imagination.

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