La désillusion du rock mexicain face à la 4T
Une voix contestataire
« Si tu donnes plus de pouvoir au pouvoir, ils te frapperont plus fort. » C’est avec cette phrase percutante que Molotov, en 1997, a marqué la scène musicale mexicaine avec leur morceau emblématique “Gimme tha Power”, un véritable hymne contre la corruption et l’autoritarisme. Près de trente ans plus tard, ces mots résonnent toujours, mais les membres du groupe, ainsi que d’autres figures du rock mexicain, expriment un profond désenchantement face à la Quatrième Transformation (4T) menée par Andrés Manuel López Obrador (AMLO).
Des voix qui se lèvent
Lors d’un concert au Palacio de los Deportes en octobre, Micky Huidobro, bassiste de Molotov, a pris le micro pour exprimer sa frustration. Il a déclaré : « Nous étions un pays formidable. Nous ne sommes pas alignés avec cette Quatrième Transformation. Qu’ils aillent tous se faire voir ! » Sa critique acerbe, notamment envers José Ramón López Beltrán, fils d’AMLO, reflète une désillusion partagée par de nombreux artistes.
Paco Ayala, coéquipier de Huidobro, a également exprimé ses pensées sur X (anciennement Twitter), affirmant sa déception envers les politiques d’AMLO. « Tous les politiciens valent rien, mais ton père encore moins que les autres », a-t-il tweeté, critiquant ouvertement le président.
La position de Rubén Albarrán
Rubén Albarrán, le leader de Café Tacvba, a aussi pris ses distances avec la 4T, particulièrement sur la question du Tren Maya, un projet controversé qui affecte l’environnement. Dans une conversation avec le podcaster Javier Paniagua, il a insisté sur le fait qu’il refuse de s’identifier à un parti : « Je ne crois absolument pas à la classe politique. » Pour lui, la crise actuelle dépasse les partis politiques, et il appelle à une mobilisation citoyenne.
D’autres figures emblématiques s’expriment
D’autres icônes du rock mexicain, comme Alex Lora et Saúl Hernández, expriment également leur mécontentement. Lora, concernant l’impact de la pandémie, a critiqué le gouvernement pour sa gestion, tandis que Hernández a dénoncé, lors d’un concert, la destruction de la faune pour la construction du Tren Maya, affirmant : « Ils engagent des gens pour tuer la faune parce qu’elle gêne le projet ! »
Un climat de tension
Ce désenchantement s’inscrit dans un contexte de tensions croissantes au Mexique, exacerbé par des événements tragiques comme l’assassinat du maire de Uruapan, Carlos Manzo. La colère et le mécontentement ne se limitent pas aux musiciens : une marchandise, associée à la génération Z, prévoit de descendre dans les rues à partir du 15 novembre pour demander la révocation du mandat de la présidente Claudia Sheinbaum.
Conclusion
Le désenchantement du rock mexicain à l’égard de la Quatrième Transformation révèle une vision critique d’une partie de la société mexicaine. Les artistes, en tant que voix influentes, continuent de dénoncer les injustices et d’appeler à une engagement civique qui transcende les partis traditionnels. La scène musicale est ainsi le reflet des combats et des contradictions d’un pays qui aspire à un avenir meilleur.

