Le point le plus radioactif de Tchernobyl : La “pata d’éléphant”
Sous le réacteur 4 de la centrale nucléaire de Tchernobyl se cache un véritable horreur. Une immense masse de corium, une sorte de lave radioactive solidifiée, est connue sous le nom de “pata d’éléphant” en raison de son apparence fripée. Pendant des années, elle a été considérée comme le point le plus radioactif de Tchernobyl, ce qui en fait l’un des endroits les plus dangereux au monde. Cependant, il existe un autre site encore plus radioactif, baptisé “The China Syndrome”.
Qu’est-ce que le corium ?
Avant d’entrer dans les détails, définissons ce qu’est le corium. La Société Nucléaire Espagnole le décrit comme une “masse, fondue ou solidifiée, formée par du combustible nucléaire et d’autres matériaux résultant de la fusion partielle ou totale du cœur d’un réacteur suite à un accident de perte de refroidissement”.
Lors de l’accident, le corium de Tchernobyl a atteint des températures de 2600 degrés, soit plus du double de la lave volcanique, qui se situe généralement entre 850 et 1200 degrés.
L’accumulation de corium
Après l’accident, le corium s’est accumulé dans la salle 305/2, située juste en dessous du réacteur 4. Une partie a alors coulé vers l’est, formant ainsi la fameuse “pata d’éléphant”. Découverte en 1986, environ huit mois après l’accident, cette formation émettait à l’époque 10,000 roentgens par heure. Pour mettre cela en perspective, la Commission Nucléaire Américaine affirme qu’une exposition de 400 à 500 roentgens par heure est mortelle pour 50% de la population.
La “pata d’éléphant” aujourd’hui
Avec le temps, la radiothérapie de la pata d’éléphant a considérablement diminué. Bien qu’il n’existe pas de données actuelles, en 1996, le spécialiste en radiations Artur Korneyev a pris un selfie à côté d’elle et a survécu à cette exposition, décédant finalement en 2022 à l’âge de 73 ans.
Le Syndrome de la Chine
En parallèle, le corium n’est pas resté stationnaire. Il a continué à descendre en traversant le sol de la salle et a avancé à travers le système de tuyauterie de refroidissement, sortant par les conduits de vapeur. Cette immense masse est ce que certains passionnés de Tchernobyl appellent “The China Syndrome”.
Un point de danger accru
Cette masse de corium gigantesque s’étend dans les couloirs du système de distribution de vapeur. Selon des témoignages, en 1997, la partie la plus radioactive émettait 3,460 roentgens par heure, tandis que la pata d’éléphant n’émettait qu’environ 700 roentgens à l’époque. Bien que des données actuelles soient absentes, certaines références indiquent que cette masse est bien plus vaste que la pata d’éléphant.
Origine du nom
Le terme “The China Syndrome” a été popularisé par un utilisateur de Reddit ppitm et est tiré d’un concept émis par William K. Ergen, un physicien théorique. Le nom fait référence à l’idée hyperbolique que si une fusion nucléaire se produisait, le matériau pourrait continuer à avancer à travers la Terre, finissant par atteindre la Chine.
Exagération à vérifier
Pour mieux comprendre cette exagération, il faut se rappeler qu’Ergen a publié son rapport en 1967, avant tout accident de fusion dans un réacteur. Il prévoyait qu’une masse de haute température pourrait se former et croître pendant environ deux ans, atteignant un diamètre de 30 mètres. Heureusement, il s’est trompé.

