La nouvelle ambition de Péter Magyar pour le Groupe de Visegrad
La stratégie du nouveau Premier ministre hongrois, Péter Magyar, se concentre sur la reconstruction de l’influence régionale de l’Europe Centrale. Alors qu’il prépare des consultations pour une nouvelle Constitution, Magyar a pour objectif de relancer la coopération entre la Hongrie et ses voisins, particulièrement après les fractures causées par la guerre en Ukraine.
Rendez-vous à Budapest : une réunion clé
La réunion récente à Budapest avec les dirigeants de Pologne, République Tchèque, et Slovaquie témoigne de cette ambition. Magyar a affirmé que “l’Europe Centrale est forte et prête à façonner son propre avenir”, soulignant une volonté collective de renforcer le groupe, que la Pologne semble également soutenir. Le Premier ministre polonais, Donald Tusk, a récemment partagé une photo avec Magyar et d’autres dirigeants, proclamant “Make V4 great again”.
Impact de la guerre en Ukraine sur la coopération
Cependant, la guerre en Ukraine reste un frein majeur à la coopération entre les pays du Groupe de Visegrad. L’invasion russe a exacerbé les divisions, chaque pays ayant des positions divergentes sur le soutien à l’Ukraine. Pendant que la Pologne s’est affirmée comme un soutien solide de Kiev, la Hongrie s’est plutôt éloignée des positions de l’UE, en mettant en avant les droits de la minorité hongroise en Transcarpathie.
Détente possible avec l’Ukraine
Magyar cherche à dénouer ces tensions. Des accords récents sur les droits linguistiques et culturels de la minorité hongroise en Ukraine signalent une certaine avancée. Bien que la rencontre formelle entre Magyar et le président ukrainien Zelensky soit encore attendue, Magyar a proposé que celle-ci se tienne en Transcarpathie, une initiative qui n’a pas encore reçu de réponse publique de Kiev.
Adhésion de l’Ukraine à l’UE : un débat sensible
Les divergences persistent. Bien que Magyar ait assoupli les tensions de son prédécesseur Viktor Orban envers l’Ukraine, il demeure opposé à une adhésion rapide de l’Ukraine à l’UE. Au dernier Conseil européen, il a réussi à amender la langue laissée par d’autres États membres, visant à éviter tout engagement ferme sur le calendrier des négociations d’adhésion.
Conflits historiques et tensions contemporaines
Les relations entre la Pologne et l’Ukraine sont également sourdes. Récemment, Karol Nawrocki, proche du parti majorité au pouvoir, a retiré à Zelensky une distinction honorifique. Cela fait suite à des tensions autour de l’Armée insurrectionnelle ukrainienne, ravivant d’anciennes blessures historiques.
Une région politiquement fragmentée
La réunion à Budapest a pour but d’explorer les bases d’une coopération renforcée. Magyar aspire à élargir le format du V4 pour inclure des pays comme l’Autriche, la Roumanie, la Croatie et la Slovénie. Toutefois, cette ambition se heurte à une région fragmentée sur le plan politique. Des crises en Roumanie et des tensions internes en Pologne ajoutent à la complexité de cette situation.
Le défi de Magyar
L’enjeu pour Magyar sera de démontrer que le Groupe de Visegrad peut redevenir une plateforme d’influence, malgré les divisions régionales. Si la coopération peut se redresser après les blessures de la guerre en Ukraine, il doit établir des fondations solides pour un avenir centré sur l’unité de l’Europe Centrale.
