La Réduction de la Journée de Travail au Mexique : Une Réforme en Cours
Le Mexique est souvent cité parmi les pays ayant la plus longue durée de travail annuel au monde, avec une moyenne de 2 193 heures travaillées par an. En comparaison, les pays de l’OCDE affichent un total moyen de 1 736 heures . Les Mexicains travaillent en moyenne 48 heures par semaine , réparties sur six jours, ce qui soulève des préoccupations quant à l’équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle. Dans ce contexte, la présidente Claudia Sheinbaum place la réduction de la journée de travail parmi ses priorités afin d’améliorer les conditions de travail et de dynamiser la productivité du pays.
Une Réforme Prometteuse
Selon le secrétaire du Travail , Marath Bolaños, la proposition de réduction de la journée de travail a été sur la table depuis 2022 , mais a été repoussée en faveur d’autres priorités, telles que l’ augmentation du salaire minimum et la réforme de la sous-traitance . Cependant, l’engagement renouvelé du gouvernement mexicain, initié en mai 2025 , montre une volonté ferme d’appliquer cette réforme d’ici la fin de l’année.
L’objectif affiché est de faire passer la durée de travail à 40 heures par semaine d’ici 2030 . Fire des déclarations de Bolaños, le cadre légal pourrait être ajusté dès 2029 , marquant ainsi une avancée significative vers cet objectif ambitieux.
Le Processus Législatif en Cours
Le climat au sein de la Chambre des Députés est également favorable, avec pas moins de 16 initiatives législatives soutenues par divers partis politiques, témoignant d’un large consensus sur la nécessité d’une réforme de la journée de travail . Cette situation témoigne d’une volonté collective de moderniser le cadre légal du travail et de l’adapter aux besoins contemporains des salariés, tout en renforçant la compétitivité du pays.
La Loi Fédérale du Travail (LFT) définit actuellement plusieurs types de journées de travail et les limites qui y sont associées. La journée diurne — la plus courante — est limitée à huit heures par jour, tandis que la journée nocturne est limitée à sept heures , en raison de son caractère particulier.
Comment la Réduction de la Journée de Travail Peut Se Réaliser
Une des principales modifications proposées consiste à modifier un article de la Constitution, spécifiquement la fraction IV de l’ article 123 . L’idée est d’augmenter le nombre de jours de repos, passant de un jour de repos pour six jours de travail à deux jours de repos pour cinq jours de travail . Ceci permettra, tout en respectant le cadre légal de huit heures de travail par jour, une meilleure qualité de vie pour les travailleurs.
Les Détails de l’Implémentation
La présidente Sheinbaum a ordonné le début de négociations impliquant des syndicats, des employeurs et des parties prenantes du processus de travail. L’objectif est d’implémenter la réforme dès le 1er mai 2026 , s’alignant avec la Journée des Travailleurs . La Secrétaire du Travail est chargée de présenter la proposition finale de ce cadre législatif en novembre 2025 .
La mise en œuvre de la nouvelle journée de travail sera progressive, avec une réduction d’heures chaque année jusqu’en 2030 :
- 2026 : 46 heures par semaine
- 2027 : 44 heures par semaine
- 2028 : 42 heures par semaine
- 2029 : 41 heures par semaine
- 2030 : 40 heures par semaine
Impacts Économiques et Sociaux
Il est essentiel de préciser que cette réduction de la journée de travail ne devrait pas entraîner une diminution des salaires . Au contraire, il est entendu que la réduction d’heures ne doit pas nuire à la productivité . Les responsables expliquent que cette dynamique vise à valoriser le travail des employés, leur rendant ainsi des heures de vie tout en renforçant leur bien-être.
Quant aux travailleurs à temps partiel, la réforme sera appliquée proportionnellement. Par exemple, un salarié travaillant 24 heures par semaine pourra soit voir son salaire ajusté, soit réduire ses heures tout en conservant son pourcentage habituel de salaire.
Conclusion
La réduction de la journée de travail au Mexique représente un tournant significatif dans la dynamique de travail du pays. Ce projet, ambitieux et nécessaire, pourrait renforcer le bien-être des travailleurs tout en améliorant leur productivité. Les enjeux sociaux et économiques sont cruciaux, et le succès de cette réforme dépendra largement de l’engagement des acteurs concernés à sa mise en œuvre efficace et équitable. À l’approche de 2030, il sera essentiel de surveiller les progrès et les résultats tangibles de ce changement fondamental.

