La nouvelle pièce du dossier Begoña Gómez

L’affaire Begoña Gómez, épouse du président espagnol Pedro Sánchez, prend une tournure complexe alors que le juge Juan Carlos Peinado a récemment ouvert une nouvelle pièce d’instruction. Deux nouveaux délits, prévarication et fraude, ont été ajoutés à la procédure, portés par des allégations d’irrégularités dans des contrats signés avec l’entrepreneur Juan Carlos Barrabés, financés par des fonds européens.

Réactions suite à la comparution

Begoña Gómez a comparu lundi dernier devant le juge, dans une audience qui marque la fin formelle de l’instruction et ouvre la porte à un éventuel procès par jury. Ce fut sa cinquième rencontre avec le magistrat après deux ans d’enquête, mais elle a choisi de garder le silence, ne répondant à aucune question. Initialement, il était attendu que le juge se prononce sur d’éventuelles mesures cautelaires dans les 72 heures, mais sans nouvelle à ce sujet pour l’instant.

Détails de l’audience

L’audience, qui a débuté en fin d’après-midi et a duré plus de trois heures, a également permis aux parties de s’exprimer sur l’ouverture d’un procès. Hazte Oír, une ONG espagnole, a demandé la retrait du passeport de Begoña Gómez, ainsi qu’une interdiction de sortie du territoire et l’obligation de se présenter toutes les deux semaines au tribunal. De plus, ils ont demandé des restrictions sur l’utilisation de la marque et du logiciel développé dans sa chaire de Transformation Sociale Compétitive.

Accusations et mesures préventives

Les accusations formulées prennent appui sur un “risque évident et fondé de fuite”. Le représentant de Hazte Oír, Javier María Pérez Roldán, a exprimé des préoccupations sur la possibilité que Gómez échappe à la justice. La même demande de mesures cautelaires est également appliquée à Cristina Álvarez, une conseillère de Gómez, alors que Barrabés a été exclu de ces demandes après que l’accusation a retiré sa demande à son encontre.

Tensions en salle d’audience

La session a été marquée par des tensions palpables entre le juge et l’avocat de la défense, Antonio Camacho, ancien ministre de l’Intérieur. Camacho a exprimé ses doutes sur l’impartialité de l’enquête, affirmant que si Begoña Gómez n’était pas mariée à Pedro Sánchez, elle ne serait pas sur le banc des accusés. La défense a également critiqué les accusations qu’elle considère comme motivées par des considérations politiques.

Perspectives sur le procès

La défense et la Fiscalité ont convenu que les éléments de l’affaire ne justifient pas l’ouverture d’un procès, estimant que les faits ne constituent pas des crimes. Dans sa défense, Gómez a demandé son acquittement et conteste la bonne foi des accusations. La Fiscalité, quant à elle, a déjà signalé qu’elle demanderait l’acquittement des trois inculpés si le cas devait finalement être jugé par la Cour provinciale de Madrid.

Conclusion : l’avenir du dossier

Les accusations populaires suggèrent des peines allant jusqu’à 24 ans d’emprisonnement pour Gómez, tandis que Barrabés pourrait faire face à six ans pour trafic d’influence et corruption. L’enquête, ouverte en avril 2024, s’articule autour de la chaire que Gómez a co-dirigée à l’Université Complutense de Madrid, le logiciel développé et un potentiel trafic d’influence en faveur de Barrabés. La prochaine étape dans cette affaire sera déterminée par la Cour provinciale, qui décidera si le cas avancera vers un procès populaire.



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