Si l’on se concentre sur le domaine technologique, le Japon a raté deux trains cruciaux : la fabrication de semi-conducteurs de pointe et le développement de modèles d’intelligence artificielle (IA) avancés. Dans son “Résumé de la Stratégie pour la Revitalisation des Semi-conducteurs au Japon” de 2024, le ministère japonais de l’Économie, du Commerce et de l’Industrie a reconnu le décalage de son industrie des puces. De plus, Fumio Kishida, ancien Premier ministre japonais, a déclaré que son pays dépend trop des États-Unis dans le domaine critique de l’IA.

Cependant, le Japon souhaite rattraper le temps perdu. Fujitsu se positionne comme un atout majeur dans cette quête de regain de gloire. En effet, selon Nikkei Asia, cette entreprise a annoncé le développement de puces ultra-modernes de 1,4 nm pour l’IA, entièrement japonaises. Ce projet nécessitera un investissement approximatif de 363 millions de dollars. Toutefois, la fabrication de ces circuits intégrés sera assurée par Rapidus, une société qui vise à rivaliser avec TSMC et Samsung sur le marché de la production de semi-conducteurs.

Rapidus : Un Avancement Prometteur

Actuellement, le Japon investit plus que les États-Unis, l’Allemagne, la France ou le Royaume-Uni dans son secteur des circuits intégrés. Bien que ce ne soit pas en valeur nette, cet effort est plus important quand on considère l’investissement par rapport au produit intérieur brut (PIB) de chaque pays. Les États-Unis consacrent 0,21 % de leur PIB à l’industrie des semi-conducteurs, l’Allemagne 0,41 %, la France 0,2 % et le Royaume-Uni seulement 0,04 %. Le Japon, quant à lui, affiche un impressionnant 0,71 %.

Les entreprises japonaises jouent un rôle crucial dans le plan de reconstruction de l’industrie des puces nippones. Tokyo Electron, Canon et Nikon sont parmi les principaux concepteurs et fabricants d’équipements pour la production de circuits intégrés. JSR Corporation domine également la production de matériaux photorésistants, essentiels pour préparer les plaquettes de silicium à la fabrication de circuits.

Rapidus Corporation a été créée exprès pour ramener le Japon à la pointe de l’industrie des puces.

Étonnamment, aucune des entreprises citées n’est le principal atout du Japon pour renforcer la compétitivité de son secteur des semi-conducteurs. Rapidus Corporation est destinée à rivaliser directement avec TSMC, Intel et Samsung. Fondée le 10 août 2022 par le gouvernement japonais avec un capital de 7,346 milliards de yens (environ 46 millions d’euros), Rapidus bénéficie du soutien d’entreprises telles que Sony, Toyota et SoftBank.

La nouvelle usine de semi-conducteurs de pointe de Rapidus, située à Chitose (Hokkaido), a démarré des tests de traitement des plaquettes en avril 2025. Les responsables prévoient de lancer la production à grande échelle de semi-conducteurs de 2 nm d’ici 2027. Ce qui attire l’attention sur cette usine, c’est son intégration complète de l’automatisation, comme l’a affirmé Atsuyoshi Koike, son président.

L’exploitation de robots et d’IA pour développer une ligne de production entièrement automatisée spécialisée dans la fabrication de puces de 2 nm pour des applications IA est en cours. Le but est de produire des circuits intégrés plus rapidement, à moindre coût et avec une qualité supérieure. Après la phase de 2 nm, le Japon envisagera également des circuits intégrés de 1,4 nm.

En Conclusion, avec un investissement significatif et des innovations technologiques, le Japon est en passe de redevenir un acteur majeur sur le marché des semi-conducteurs, intimant à ses concurrents de rester vigilants.

Plus d’informations : Nikkei Asia



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