Le J-15DT : Une avancée significative dans la guerre électronique chinoise

Récemment, des  photographies  publiées ont dévoilé le J-15DT, la version de guerre électronique du  chasseur  chinois J-15. Ces images montrent au moins trois  pods externes  ainsi que des insignias de faible visibilité, ce qui semble indiquer que ce n’est pas un simple prototype. Le J-15DT pourrait être destiné à opérer à partir de  porte-avions  équipés de catapultes, comme cela sera le cas pour le  Fujian . Bien qu’il faille rester prudent concernant ces images, elles s’intègrent parfaitement dans la direction stratégique du programme chinois.

Qu’est-ce que le J-15DT ?

Le J-15D, présenté comme une plateforme de guerre électronique, a été conçu pour effectuer des missions de soutien et SEAD (Suppression des Défenses Aériennes Ennemies), selon une couverture récente de Jane’s lors du salon aéronautique de Zhuhai 2024. La variante DT, quant à elle, représenterait une avancée en s’optimisant pour les opérations CATOBAR (Catapult Assisted Take-Off But Arrested Recovery), avec des modifications structurelles et externes permettant son lancement via catapulte. Les images récentes corroborent cette hypothèse.

Un héritage complexe

Le J-15 ne part pas de zéro. En 2001, la Chine a acquis en Ukraine un prototype inachevé du Su-33, qu’elle a utilisé comme base pour développer le J-15 à travers une ingénierie inversée. Ce modèle a volé pour la première fois en 2009 et a commencé à opérer à partir du porte-avions Liaoning en 2012. Depuis, plusieurs variantes, dont le J-15T et le DT, ont été développées pour des environnements CATOBAR.

La guerre électronique : Un nouveau champ de bataille

La mission principale du J-15DT s’apparente à celle d’un équivalent chinois du Growler américain : perturber les radars et les communications, tout en escortant d’autres aéronefs et en fournissant un soutien en matière de guerre électronique à la flotte aérienne embarquée. De plus, des sources comme Army Recognition évoquent la possibilité d’intégration de missiles antirradiation YJ-91 pour des missions réussies de SEAD, bien qu’aucune confirmation officielle n’ait été fournie à ce sujet.

Évolution vers le Fujian

Le porte-avions Fujian, qui est le premier navire chinois à être équipé de catapultes électromagnétiques (EMALS), a récemment montré des signes de lancements de J-15T, ce qui laisse penser que le J-15DT pourrait également y opérer. Selon des rapports de Naval News, ce modèle est aligné avec le Fujian, dont l’entrée en service est prévue pour fin 2025. Cela souligne la volonté de la Chine de moderniser son aviation embarquée tout en travaillant à des objectifs ambitieux.

Une pièce maîtresse dans le puzzle militaire de la Chine

Le J-15DT fait partie intégrante de la modernisation du Peuple de libération de la Chine, programmée pour être « moderne » d’ici à 2035 et « de classe mondiale » en 2049. En mer, l’année 2025 verra l’entré en service de la première fragate Type 054B, tandis que la famille des porte-hélicoptères Type 075 est intégrée depuis 2021. Par ailleurs, le développement du futur porte-avions Type 004 est également à l’horizon, accentuant l’ambition du pays pour créer une aviation embarquée plus performante.

En conclusion, le J-15DT représente une avancée notable pour la Chine sur la scène militaire mondiale, notamment dans le domaine de la guerre électronique. En intégrant des technologies de pointe et en s’adaptant aux exigences des environnements modernes de combat, cette version du J-15 pourrait permettre à la Chine d’affirmer sa puissance maritime et de maintenir une présence respectée sur les théâtres d’opérations. Toutefois, l’issue de cette évolution dépendra aussi des développements géopolitiques dans la région et des avancées technologiques continues dans ce domaine.



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