Le Conseil de Ministres espagnol a approuvé la création d’une commission interministerielle visant à coordonner et promouvoir un plan renforcé de lutte contre la corruption . Ce plan a été initié par le chef du gouvernement, Pedro Sánchez , à la suite d’une crise majeure touchant l’ancien secrétaire d’organisation du PSOE , Santos Cerdán . La porte-parole du Gouvernement , Pilar Alegría , a souligné l’importance de ce plan et son adéquation avec les recommandations des organismes internationaux, tels que l’ OCDE et la Commission Européenne .
Une Structure pour Renforcer la Coordination
La nouvelle commission sera présidée par la vice-présidente et ministre des Finances, María Jesús Montero . Son rôle principal sera de « veiller à la coordination politique et technique entre tous les ministères » sur les mesures de lutte contre la corruption, ainsi que de superviser les actions des différents départements gouvernementaux. Parmi les membres notables, on trouve le ministre de la Présidence , Félix Bolaños , le ministre de l’ Intérieur , Fernando Grande-Marlaska , et d’autres ministres clés. Il est essentiel de noter qu’un représentant de la nouvelle Agence Indépendante de l’Intégrité Publique intégrera également la commission, une fois établie.
Un Plan en Plusieurs Axes
Le plan de lutte contre la corruption est structuré autour de cinq grands axes et inclut un total de quinze mesures concrètes. Le premier axe vise à la prévention et au renforcement des contrôles pour minimiser le risque de corruption. À cette fin, le gouvernement souhaite établir une Agence Indépendante de l’Intégrité Publique , responsable de la surveillance et de la prévention des actes de corruption. Cette agence aura le pouvoir de mener des enquêtes et d’assurer le respect des normes essentielles en matière de transparence.
Ce premier axe prévoit également d’appliquer les méthodes de prévention du fraude utilisées dans l’attribution des fonds Next Generation du Plan de Récupération . Le gouvernement entend promouvoir une Administration Ouverte , favorisant la participation citoyenne dans la prévention des fraudes. Des contrôles aléatoires des biens des responsables publics font également partie de cette initiative.
Renforcement des Protections et Enquêtes
Le deuxième axe se concentre sur la protection des lanceurs d’alerte , prévoyant des améliorations de la législation en vigueur. En renforçant les canaux d’alerte et les garanties de protection, le gouvernement espère encourager davantage de signalements d’irrégularités. Le troisième axe mettra l’accent sur la nécessité de rechercher et de sanctionner les actes de corruption déjà détectés, en augmentant les ressources des services judiciaires et de la Fiscalité Anti-corruption .
Il est aussi prévu d’amplifier les délais de prescription pour les crimes de corruption et d’accroître les sanctions éventuellement imposées. Par ailleurs, un registre de blacklisting sera créé pour interdire aux entreprises condamnées pour corruption d’accéder à des contrats publics.
Récupération des Actifs Corrompus
Un des objectifs majeurs du quatrième axe concerne la récupération des actifs issus de la corruption. Cela passera par le renforcement de l’ Office de Récupération et de Gestion des Actifs (ORGA). Une nouvelle législation pour le « decomiso administratif » permettra également la confiscation de biens liés à des activités criminelles, sans nécessité de condamnation préalable.
Enfin, la promotion d’une culture intégrant la lutte contre la corruption à travers des programmes de formation et de sensibilisation est primordiale. Le gouvernement ambitionne d’initier des campagnes sociales , et de mener des enquêtes annuelles pour mesurer la perception de la corruption au sein de la société.
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