Conflit entre le Gouvernement canarien et Madrid
Le Gouvernement des Canaries est au cœur d’une vive tension avec l’Exécutif central espagnol concernant la gestion d’un foyer de hantavirus à bord du croiseur MV Hondius. Malgré le refus explicite des autorités autonomes de voir l’embarcation faire escale aux îles, la décision de l’Exécutif de Pedro Sánchez a été maintenue. Fernando Clavijo, président canarien, a dénoncé une “improvisation” dans la gestion de cette crise sanitaire, qui a déjà coûté la vie à trois personnes et a laissé au moins sept passagers infectés.
Manque d’information et de coordination
La situation a mené à un affrontement institutionnel intense entre Madrid et les Canaries. Clavijo, visiblement frustré, déclare qu’il existe une “absence de loyauté institutionnelle” et exprime ses doutes concernant l’efficacité des mesures proposées. Il a appelé à une réunion d’urgence avec le Premier ministre pour obtenir des informations claires sur la situation.
“Cette décision ne repose sur aucun critère technique”, a affirmé Clavijo, qui a été surpris par le changement de stratégie du gouvernement central. Au départ, le croiseur devait se diriger directement vers les Pays-Bas au lieu de s’arrêter aux Canaries. Ce revirement, notifié par la ministre de la Santé, Mónica García, a été mal reçu par le responsable local.
Les doutes autour de la gestion de crise
Les préoccupations quant à l’accueil du croiseur ne se limitent pas à la décision elle-même. Clavijo fait valoir que les Canaries n’ont reçu aucune information sur des éléments cruciaux, tels que le nombre exact de personnes infectées ou les origines de la transmission du virus. “Nous ne savons absolument rien”, a-t-il déploré, affirmant que la modification de la stratégie était liée à des “décisions politiques” plutôt qu’à des recommandations basées sur la santé publique.
Critiques de la gestion logistique
Clavijo souligne également que de nombreuses actions prévues pourraient être effectuées directement depuis Cabo Verde, sans nécessiter un voyage de trois jours jusqu’aux Canaries. Il propose que les rapatriements des passagers non infectés soient organisés directement depuis l’aéroport international de Cabo Verde pour éviter d’aggraver la situation.
En termes de capacité de réponse, le président a mentionné que l’archipel ne dispose que d’une seule “couche de soin intensif” apte à gérer ce type d’infection, ce qui complique encore plus la situation.
Communication et transparence
La communication entre les gouvernements a également été mise en question. Clavijo a relégué les informations reçues par WhatsApp à des heures tardives, ce qui démontre un manque de coordination. En revanche, le gouvernement central assure maintenir une communication “permanente” et partage toutes les informations en temps réel.
Les tensions se sont intensifiées avec l’absence de représentants canariens lors de réunions cruciales, mettant en exergue une exclusion ressentie par Clavijo. “On ne peut pas prescrire à une communauté autonome de simplement appliquer des décisions sans comprendre les risques encourus par sa population”, a-t-il affirmé.
Conclusion : Vers une crise institutionnelle?
Alors que les doutes persistent sur l’évolution de la situation, avec des indications d’une possible augmentation des infections, Clavijo appelle à rétablir des mécanismes de coordination similaires à ceux instaurés durant la pandémie de COVID-19. La transparence informative et la coopération entre administrations sont essentielles pour éviter une crise plus profonde au sein du système de santé canarien.

