La situation complexe de CAF suite à son inscription sur la liste de l’ONU

Le fabricant ferroviaire basque CAF (Construcciones y Auxiliar de Ferrocarriles) traverse une période délicate suite à son ajout à la liste noire des Nations Unies. Cette liste désigne les entreprises opérant dans des territoires palestiniens occupés par Israël. Une telle situation pourrait sérieusement entraver l’accès de CAF à des contrats publics majeurs, tels que le concours du métro de Barcelone, d’une valeur de 321 millions d’euros.

Les enjeux du contrat de métro à Barcelone

Transports Metropolitans de Barcelona (TMB) a ouvert une nouvelle licitation visant à acquérir 39 nouveaux trains. Ce procédé inclut une clause interdisant la participation des entreprises mentionnées dans le registre de l’Alto Comisionado de las Naciones Unidas para los Derechos Humanos (ACNUDH). CAF, actuellement fournisseur de TMB, se retrouve sur cette liste en raison de son implication dans le tranvía de Jérusalem Est, un projet attribué à CAF et à la société israélienne Shapir en 2019.

Trains de la métropole

La défense de CAF

CAF nie toute infraction concernant les droits humains et défend la légitimité de ses contrats. Selon une déclaration faite à la Commission Nationale du Marché des Valeurs, la société se base sur des rapports d’experts indépendants qui valident ses opérations. L’entreprise insiste sur le fait que le projet “génère des impacts positifs pour la population” en fournissant également des services à la communauté arabe grâce à une politique de recrutement inclusive.

Les conséquences pour Alstom

Dans un retournement de situation, la multinationale française Alstom, qui possède une usine à Santa Perpètua de Mogoda, a déposé un recours en août contre cette clause restrictive. Cependant, la récente mise à jour de la liste de l’ONU a permis à Alstom d’être retiré de l’enregistrement, ce qui lui permet maintenant de participer au concours. Cela place CAF dans une position vulnérable, puisque l’issue du recours déterminera sa capacité à concourir, alors que le délai est fixé jusqu’à décembre.

Un problème commun à d’autres entreprises espagnoles

CAF n’est pas la seule entreprise espagnole dans cette situation, car la liste noire de l’ONU comprend environ 160 sociétés. On y retrouve également des entreprises notables telles que la constructora ACS de Florentino Pérez, sa filiale SEMI et l’entreprise publique Ineco, rattachée au Ministère des Transports. À CAF, il est reproché de fournir des équipements et des matériaux qui facilitent les établissements israéliens, elle est donc considérée comme la société espagnole la plus critiquée par l’organisme international.

Un débat aux multiples facettes

Bien que l’inscription sur cette liste ne soit pas synonyme de sanctions directes, elle entraîne des conséquences pratiques. L’ONU appelle les États à adopter des “mesures adéquates” afin d’éviter les abus en matière de droits humains. Des administrations, notamment le Conseil Municipal de Barcelone, ont intégré cette exclusion dans leurs politiques de contractualisation responsable. Ce sujet est aussi devenu un enjeu politique au Pays Basque, où une partie du personnel de CAF a organisé des rassemblements demandant la cessation de son contrat avec Israël. Le lehendakari Imanol Pradales a quant à lui exhorté à la prudence face à ces accusassions, suggérant que l’entreprise se penche sur ses responsabilités éthiques.

Histoire de la vitesse

Les implications économiques de cette situation

Au-delà du concours de Barcelone, le simple fait d’apparaître dans cette liste peut nuire gravement à la réputation des entreprises, affecter les évaluations par les agences de notation et restreindre l’accès à d’autres marchés publics, surtout lorsque de telles clauses sont incluses. En Espagne, la contractualisation publique représentait 11,55 % du PIB en 2023, ce qui démontre à quel point ces exclusions peuvent avoir un impact économique significatif pour les entreprises concernées.

Les ramifications de cette situation touchent à la fois l’éthique et l’économie, soulignant un dilemme complexe entre profit et responsabilité sociale. Le cas de CAF est révélateur des tensions actuelles qui existent entre les enjeux économiques, le respect des droits humains et les décisions prises au niveau international. Les entreprises devront naviguer prudemment dans ce contexte où leur réputation et leur viabilité future peuvent être mises en péril par des choix de partenariat controversés.



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