La Bataille de Vigo : Uber Face au Conseil Municipal

Depuis l’arrivée d’Uber à Vigo en juin 2025, le paysage des transports urbains est en proie à un conflit croissant. Les taxistes dénoncent l’illégalité de l’opération des VTC (Véhicules de Tourisme avec chauffeur) dans des trajets urbains, en argumentant que la loi galicienne interdit ce type de services de manière explicite. Cette situation a provoqué une réaction visible du conseil municipal qui s’est intensifiée ces dernières semaines, notamment pendant la feria Conxemar, l’un des événements économiques les plus importants de la région.

La Réaction du Conseil Municipal

Le conseil municipal a pris des mesures draconiennes pour empêcher Uber de s’immiscer dans le marché local durant cet événement. La pression des taxistes, qui craignaient de perdre des clients, a conduit à des contrôles policiers stricts. Environ 300 professionnels du taxi se sont regroupés pour exiger l’intervention des autorités. Le président de l’association des taxis, Daniel Matías, a exprimé que si la police n’agissait pas rapidement, l’événement pourrait être perturbé.

Les autorités locales ont effectivement mis en place des contrôles aux accès du site de la feria, utilisant une application du Ministère des Transports pour suivre en temps réel l’origine et la destination des trajets. Cette stratégie a porté ses fruits, car des sanctions ont été imposées dès le premier jour de la feria.

Sanctions et Conséquences

Lors de la première journée de Conxemar, la police locale a verbalement sanctionné quatre véhicules d’Uber, tandis que deux autres ont été immobilisés. Ces actions ont été saluées par les taxistes, qui ont fait front commun, déployant 400 véhicules pour montrer leur détermination à défendre leur marché. Cependant, des cas de contournement des contrôles par des conducteurs d’Uber ont également été rapportés. Certains d’entre eux continuaient à offrir des trajets à des prix majorés en raison de la “haute demande”, ce qui a soulevé des questions sur l’efficacité des opérations de contrôle.

Les Doutes d’une Situation Juridique Floue

Face aux décisions et aux sanctions imposées, la fédération des VTC, Unauto, a annoncé son intention de contester chaque sanction. Leur représentant, José Manuel Gallo, a affirmé que les véhicules VTC opèrent sous une autorisation de transport légale, remettant en question la décision des autorités. De plus, il a mis en avant que la lutte entre les VTC et les taxis relève d’un vide juridique qui complique la situation.

Le problème semble résider dans la zone grise en matière de réglementation. Des véhicules qui proviennent de localités voisines, comme Pontevedra, offrent des trajets en entrant à Vigo. Cela complique la tâche de la police, qui a du mal à faire respecter la loi dans un environnement où les règles ne sont pas totalement claires.

Un Conflit en Cours

Le niveau de sanction peut atteindre jusqu’à 6 000 euros par véhicule. Toutefois, toutes les amendes infligées jusqu’à présent ont été contestées dans les tribunaux, créant un conflit qui pourrait durer longtemps. Environ 40 VTC opèrent à Vigo sans licence municipale, un état de fait que les taxis qualifient de “pratique illégale”. Leur porte-parole, Matías, a ajouté qu’il est essentiel de continuer à surveiller ces véhicules, particulièrement lorsque des événements entraînent un afflux massif de passagers.

Les implications de cet affrontement entre taxis traditionnels et VTC vont au-delà de simples questions économiques. Elles mettent en lumière la complexité de la réglementation des transports dans une ville en constante évolution comme Vigo. Les tensions entre les acteurs du secteur témoignent également des difficultés d’adaptation à un nouveau modèle de transport basé sur la technologie et le numérique.

Dans ce contexte incertain, les utilisateurs et professionnels des transports à Vigo se trouvent à un carrefour crucial. La situation actuelle illustre non seulement la lutte pour des parts de marché entre des acteurs établis et émergents, mais aussi les défis auxquels se heurtent les autorités en matière de  réglementation . Un phénomène qui pourrait bien redéfinir le transport urbain dans les années à venir.



F1-ES