L’impact inattendu de la guerre d’Iran : les semi-conducteurs en danger

Le Strait d’Ormuz, bien qu’il ne soit ni un fabricant de semi-conducteurs ni un centre de données, joue un rôle crucial dans la chaîne d’approvisionnement technologique mondiale. Depuis le 4 mars, son fermeture effective menace de déstabiliser l’économie technologique globale. En effet, Taiwan, qui produit environ 90 % des semi-conducteurs les plus avancés via TSMC, dépend largement de l’énergie importée, dont une grande majorité transite par ce détroit stratégique.

La connexion entre le conflit et les semi-conducteurs

La connexion entre le conflit au Moyen-Orient et le prix des GPU (unités de traitement graphique) n’est pas une figure de style, mais bien une réalité économique. Ce qui a commencé comme une intervention militaire mineure, selon les mots de Donald Trump, a provoqué la fermeture quasi totale de l’acheminement reliant le Golfe Persique à l’Océan Indien.

Importance des ressources

Près de 20 % du gaz naturel mondial et 25 % du pétrole transitent par ce détroit ; aujourd’hui, pratiquement rien ne passe. Cependant, le problème majeur pour l’industrie des chips réside dans deux ressources bien moins visibles :

  1. Gaz Naturel Liquéfié (GNL) : Le Moyen-Orient fournit 37 % de l’énergie nécessaire pour alimenter le réseau électrique taïwanais. Cette électricité alimente les usines de TSMC, qui fonctionnent avec un appétit énergétique insatiable nécessitant un approvisionnement continu.
  2. Hélium : Ce gaz rare, indispensable pour le processus de photolithographie dans la fabrication des semi-conducteurs, n’a pas de substitut viable.

Selon les rapports, Taiwan n’a que 11 jours de réserves de GNL sans importations externes, alors que la Corée du Sud et le Japon ont respectivement 52 jours et trois semaines de réserves.

Un contraste inquiétant

Tandis que la Corée du Sud et le Japon ont investi dans des réserves stratégiques pour pallier leur dépendance énergétique, Taiwan a choisi de privilégier les coûts sur la résilience. Ce choix a des conséquences majeures, rendant TSMC, pivot indispensable de l’écosystème technologique mondial, extrêmement vulnérable.

Les mesures entreprises par l’industrie

Face à cette crise, les entreprises ne restent pas inactives :

  • TSMC a sécurisé des approvisionnements en GNL jusqu’à mi-mai.
  • Concernant l’hélium, des approvisionnements pourraient provenir d’Australie et des États-Unis pour pallier la chute des importations en provenance du Qatar.

Cependant, ces mesures pourraient entraîner une hausse des prix, car Taiwan pourrait avoir payé une prime substantielle pour ces ressources critiques.

La grande question

Le véritable défi ne réside pas seulement dans la fermeture immédiate mais dans la durée de cette situation. Pour les consommateurs en attente de nouvelles cartes graphiques, les prévisions ne sont pas rassurantes : ils pourraient être les derniers servis.

En conclusion, l’impact inattendu de la guerre d’Iran montre clairement que les enjeux géopolitiques peuvent avoir des conséquences profondes sur les marchés technologiques, exacerbant les pénuries globales déjà présentes. Les consommateurs doivent se préparer à une période d’incertitude, tant sur les prix que sur la disponibilité des produits technologiques essentiels.



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