Mystérieux flashs bleus du cosmos

Durant plus d’une décennie, notre ciel nocturne a été sporadiquement illuminé par d’étranges éclats de lumière bleue ultrabrillante, disparus aussi rapidement qu’ils apparaissent. Ces phénomènes, appelés transitoires optiques bleus lumineux rapides (LFBOTs), ont laissé les astronomes dans l’incertitude. Récemment, des analyses approfondies d’un LFBOT particulièrement éclatant ont révélé que ces événements sont liés à des trous noirs absorbant des étoiles compagnons, un processus diablement violent.

Une découverte fascinante

Un groupe de chercheurs de l’Université de Californie à Berkeley a étudié un LFBOT découvert en 2024, dénommé ‘AT 2024wpp’. Ce phénomène s’est avéré entre cinq et dix fois plus lumineux que tout autre LFBOT enregistré précédemment. Pour cette étude, les astronomes ont utilisé une vaste gamme de télescopes, y compris Chandra, Swift, NuSTAR, ALMA, ainsi que les observatoires Keck et Gemini, permettant d’examiner l’événement à travers diverses longueurs d’onde.

Énergie au-delà de l’imaginable

Les résultats ont montré que l’énergie libérée par AT 2024wpp est 100 fois plus puissante qu’une supernova classique. Natalie LeBaron, étudiante diplômée de Berkeley, a expliqué que « la quantité d’énergie émise par ces explosions est si immense qu’elle ne peut être expliquée par l’effondrement et l’explosion d’une étoile massive ou par tout autre type d’explosion stellaire normal ».

Mécanisme de l’explosion

Les chercheurs estiment que ces éclats sont le résultat d’une “disruption de marée extrême”. Cela se produit lorsqu’un trou noir, dont la masse peut atteindre jusqu’à 100 fois celle du Soleil, détruit une étoile compagne en quelques jours. Lorsque l’étoile se rapproche trop, le matériau se heurte violemment à un halo de gaz préexistant en tombant vers le trou noir, générant ainsi l’intense lumière bleue et ultraviolette propre aux LFBOTs.

Robert Sanders, chercheur à Berkeley, note qu’une partie de ce gaz est expulsée sous forme de jets à près de 40% de la vitesse de la lumière, produisant les émissions radio qui ont été observées.

Les trous noirs de masse intermédiaire

Ce phénomène intrigue également en raison de la masse du trou noir, qui le classe comme un trou noir de masse intermédiaire. Bien que des expériences comme LIGO aient détecté des fusions de trous noirs massifs, ces objets demeurent omniprésents, leur formation restant non résolue.

Un phénomène intrigant

Raffaella Margutti, professeure d’astronomie à Berkeley, souligne que les LFBOTs offrent une perspective unique sur la formation des trous noirs massifs. Ils aident à identifier l’emplacement exact de ces événements dans leurs galaxies hôtes, fournissant un contexte crucial pour mieux comprendre leur existence.

Une famille de phénomènes

Le premier LFBOT analysé suffisamment pour obtenir des données a été détecté en 2018 et a reçu le nom de ‘AT 2018cow’, surnommé la “Vache”. Cette tradition s’est poursuivie avec d’autres événements, aboutissant à des surnoms comme le Koala, le Démon de Tasmanie, et le Pinson. AT 2024wpp a été informellement baptisé Pájaro Carpintero (Pic noir).

Perspectives d’avenir

À ce jour, plus d’une dizaine de ces événements ont été identifiés, tous localisés dans des galaxies relativement jeunes, à des millions voire milliards d’années-lumière. La étoile compagnon de l’AT 2024wpp avait plus de 10 fois la masse du Soleil, potentiellement une étoile de Wolf-Rayet, connue pour sa chaleur et son évolution avancée.

Les astronomes espèrent que les futurs télescopes ultraviolets ULTRASAT et UVEX, prévus pour lancement prochainement, révolutionneront la détection de ces phénomènes. Actuellement, environ un LFBOT est détecté par an, mais cela pourrait changer radicalement avec l’arrivée de nouveaux outils.



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