Le projet de tunnel sous le détroit de Magellan

Une nécessité pour la connexion

Actuellement, voyager entre le Chili ou l’Argentine et l’île de la Terre de Feu implique de dépendre de ferrys et de barges. En moyenne, environ 600 véhicules et 2 000 personnes traversent quotidiennement cette région. La météo capricieuse dans cette zone éloignée du sud de la Patagonie rend régulièrement ces services maritimes inaccessibles. Voilà pourquoi l’idée de construire un tunnel sous-marin pour relier ces deux territoires devient de plus en plus pertinente.

Détails du projet

Le projet envisagé consiste en un tunnel d’environ 3,7 kilomètres, reliant Punta Delgada, sur le continent, à Bahía Azul, sur l’île. Cet emplacement, connu sous le nom de Première Angostura, est l’endroit où le détroit de Magellan est le plus étroit, rendant cette construction techniquement logique. Bien que le projet existe sur le papier depuis plusieurs années, il a récemment gagné une nouvelle dynamique politique.

Pourquoi le projet émerge-t-il maintenant ?

La date du projet a été intégrée dans le Plan de Développement des Zones Extrêmes 2025-2035 de la région de Magellan, présentant un relais d’attention pour cette initiative. Le gouverneur de la région, Jorge Flies, a joué un rôle clé dans le retour en lumière de ce projet, selon plusieurs médias.

Les avis des experts

Francisco Hernández, professeur à l’Université des Andes, a déclaré à l’édition uruguayenne d’El País que bien que le tunnel soit techniquement faisable, il ne faut pas le considérer comme une entreprise simple. Il évoque plusieurs défis : l’étude géologique du fond marin, la pression de l’eau, les courants marins, ainsi que le risque sismique dû à la proximité des montagnes.

Coûts et financements

Les estimations des coûts pour la construction de ce tunnel varient entre 500 millions et 1,5 milliard de dollars. Étant donné qu’il s’agit d’un projet binational, le Chili et l’Argentine doivent s’accorder sur le financement, le modèle de gestion, et les garanties d’entretien à long terme. Selon plusieurs sources, la viabilité du projet ne dépend pas seulement de l’ingénierie, mais aussi de la nécessité d’un accord solide entre les deux nations sur les modalités de paiement.

État d’avancement du projet

À l’heure actuelle, le tunnel reste une proposition dans les plans du Chili. Il n’existe pas de confirmation formelle du début des travaux, d’accord définitif entre les deux pays, ni de financement sécurisé. L’étape suivante consiste à réaliser des études géotechniques et géophysiques pour affiner le design, estimer les coûts et établir les systèmes de sécurité et d’évacuation. D’ici là, il faudra patienter pour découvrir si ce projet ambitieux se concrétisera.



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