## La mort du grand chasseur européen

Le rêve de l’Europe de créer un chasseur de sixième génération commun s’est effondré. Le programme FCAS (Système de combat aérien futur) a subi des blocages de longue date, notamment en raison de rivalités industrielles entre Airbus et Dassault Aviation. Il est désormais confirmé que la formule franco-allemande n’est plus viable.

### Une lutte pour le leadership

Ce qui devait devenir l’héritier commun de l’Eurofighter Typhoon et du Rafale a capitulé sous le poids des luttes pour le pouvoir, l’argent et la souveraineté technologique. La France souhaitait dominer le projet, alors qu’Allemagne refusait d’être simplement un partenaire secondaire.

## Le danger d’un vide industriel

La perte d’un tel programme ne signifie pas seulement un échec industriel, mais également un risque stratégique pour l’Europe. Le continent doit trouver un remplaçant pour ses chasseurs entre 2040 et 2045. L’option la plus rapide serait d’acheter davantage de F-35 Lightning II de Lockheed Martin, déjà évoquée à Berlin.

### Une dépendance problématique

Accepter d’acheter le F-35 serait reconnaître un échec de la souveraineté aérienne européenne. Dans un contexte où les États-Unis se tournent de plus en plus vers l’Asie, cela pose des questions sur l’avenir des capacités militaires européennes.

## Le plan B émerge

Cependant, bien que l’énorme chasseur européen ait échoué, l’idée d’en construire un reste vivante. L’Allemagne et l’Espagne ont initié une nouvelle alliance appelée “Team Gen 6”, dirigée par Airbus, visant à réutiliser les éléments du FCAS tout en adoptant une approche plus pragmatique et réaliste.

### L’Espagne retrouve son poids

Dans ce nouveau cadre, l’Espagne voit son rôle évoluer. Auparavant considérée comme un partenaire de second plan, elle accède maintenant à des positions clés avec des entreprises comme Indra Sistemas, GMV, ITP Aero et Sener intégrées dans le cœur du nouveau projet.

> Il ne s’agit pas seulement de défense, mais également de technologie et d’industrie. Si ce plan réussit, l’Espagne passera d’un rôle d’accompagnateur à celui d’acteur central.

## La Suède, un partenaire inattendu

L’un des principaux défis pour le “Team Gen 6” reste la taille. Pour justifier un programme de plusieurs milliards, l’alliance nécessite des partenaires solides. C’est là que Saab AB entre en jeu. Avec des besoins similaires à ceux d’Allemagne et d’Espagne, la Suède peut apporter une vision complémentaire à ce projet.

### Une troisième voie possible ?

Si Berlin, Madrid et Stockholm parviennent à collaborer, cela pourrait créer une alternative européenne distincte des collaborations franco-britanniques. Ce nouveau partenariat pourrait donner naissance à un chasseur plus abordable et modeste, sans les ambitions gigantesques du projet GCAP.

## Avant le F-35, une dernière chance

La défaillance du NGF ne signifie pas la perte du dernier espoir pour l’Europe. Cela marque plutôt la fin d’une approche antérieure et l’émergence d’une nouvelle dynamique. La clé est que l’option d’acheter un F-35 doit rester un dernier recours, alors que le véritable plan B vise à préserver l’autonomie industrielle européenne.

> Cela apparaît comme une manœuvre désespérée, mais c’est, en réalité, la dernière occasion d’éviter que l’avenir du combat aérien européen soit de nouveau déterminé par Washington.

Image | Robert Sullivan



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