Une taxe sur la viande peut aider les consommateurs à faire des choix plus sains et plus durables, estime le ministre de l’Agriculture, de la Nature et de la Qualité alimentaire Henk Staghouwer (ChristenUnie). Il étudie si une telle incitation par les prix peut être introduite, en combinaison avec une taxe sur le sucre et une réduction de la TVA à 0 % pour les fruits et légumes. Le produit de la taxe devrait aller aux agriculteurs, écrit-il dans un communiqué évaluation de la politique alimentaire.

Une taxe sur le sucre et une réduction de la TVA étaient déjà dans l’accord de coalition, un prélèvement sur la viande n’était pas mentionné. Le VVD et le CDA en particulier en restent éloignés car de nombreux électeurs de droite trouvent une taxe sur la viande condescendante et contraignante. Un appel à manger moins de viande a été retiré d’une campagne gouvernementale pour le climat en 2019, selon les ministères de l’Économie et de l’Agriculture car un tel texte était sensible, en politique et dans le secteur.

A lire aussi : Le ministère voulait des conseils pour manger moins de viande pas en campagne

Refoulement

Carola Schouten (CU), l’ancienne ministre de l’Agriculture, considérait les mesures de prix comme un moyen de rendre l’agriculture et la production alimentaire plus durables. Une recherche de l’Université de Wageningen publiée en juillet 2021 a montré qu’un prélèvement ne fonctionne que si l’argent est réinjecté dans l’élevage, par exemple sous la forme de subventions pour les investissements dans la durabilité. Une simple taxe sur la viande pourrait réduire la consommation, mais n’augmenterait pas la motivation du secteur à devenir plus durable, car l’argent du Trésor se retrouve dans un gros tas. Une taxe sur la garde ou l’abattage de la viande aurait pour effet de déplacer la production (et les émissions) vers l’étranger, ont averti les chercheurs.

L’étude d’une taxe sur la viande s’inscrit dans le droit fil des politiques déjà engagées, notamment une production alimentaire plus durable, le passage des protéines animales aux protéines végétales et «vrai prix», où les coûts pour l’environnement et le climat sont inclus dans le prix des produits.

Staghouwer envisage également de conclure des accords avec l’industrie sur un pourcentage minimum de produits durables et biologiques en rayon. Il est conscient que la guerre en Ukraine rend la nourriture plus chère. Mais pour garantir qu’une alimentation saine et durable “reste accessible à tous”, un système alimentaire “résilient” doit aller de pair avec la durabilité, écrit Staghouwer.



ttn-fr-33