Àaccueilli chaleureusement et avec émotion lors du dernier Festival du Film de Rome, Liliane par Ruggero Gabbai n’est pas seulement un portrait touchant de la sénatrice Liliana Segre. Ce n’est pas seulement un nom propre mais un univers d’une grande humanité. C’est un exemple de la capacité de l’homme à entrer dans le plus profond des abîmes et réapparaître grâce à l’amour et à l’espoir. Le documentaire Lucky Red sera dans des salles sélectionnées pendant trois jours – 20, 21, 22 janvier – et comme événement spécial le 27 janvierJour du Souvenir.

Liliane Segre, l’événement documentaire au cinéma

Avec le film documentaire Mémoire (1997), le réalisateur et auteur Ruggero Gabbai il a enregistré et recueilli 93 témoignages d’Italiens ayant survécu aux camps de concentration. Ensuite, Le plus long voyage (2013) ont mis en lumière l’histoire peu connue de la déportation des Juifs de l’île de Rhodes. Avec Liliane, achevé avant le 07 octobre 2023, donc avant le nouveau conflit israélo-palestinien, a choisi de raconter la vie intense et la force hors du commun de Liliana Segre94 ans portés avec la splendeur de la fierté.

Né à Milan en 1930 dans une famille d’origine juive, son enfance a été marquée dès son plus jeune âge depuis l’avènement du fascisme et la promulgation des lois raciales de 1938. À seulement 13 ans, elle fut arrêtée et détenue pendant 40 jours dans la prison de San Vittore.

Le 30 janvier 1944, sur le tristement célèbre quai 21 de la gare centrale de Milan, c’est obligé de monter dans le train qui l’emmènera, avec son père Alberto Segre, au camp de concentration d’Auschwitz-Birkenau. La division catégorielle entre hommes et femmes la sépare à jamais de son père, qui décède quelques mois plus tard.

Sénatrice à vie Liliana Segre raconte son histoire pour « Liliana » (Lucky Red)

Qui est Liliana Segre, numéro de série 75190

Dans le documentaire, la sénatrice retrace son histoire d’enfantde survivant et enfin de précieux témoin de la Shoah. Il le raconte de première main, à travers un flux de mémoire douloureux qui part de loin, des racines de l’antisémitisme dans un Milan qui savait peu et voulait peu savoir. Depuis la porte du Corso Magenta 55, où la pierre d’achoppement dédiée au père est un avertissement sur la responsabilité du passé.

reprend le la douleur du moment de la perte de mon père, ce dernier signe de salutation, de loin, lors des très rares occasions où nous nous rencontrons. N’oubliez pas le numéro de série 75190 imprimé à l’encre sur la peau. L’isolement qui l’a marquée à jamais, la perte de la capacité de pleurer et la malheureuse marche de la mortle dernier et lâche acte offensif des nazis contre les prisonniers.

Le message du documentaire

Sa survie est vraiment miraculeuseet la capacité de reprendre le contrôle de son existence est tout aussi admirable. Un mariage d’amour à un jeune âge avec Alfredo Belli Paci e la naissance de trois enfants. C’est une étincelle, une force hors du commun dans lequel, si vous ne pouvez pas oublier ou pardonner à votre bourreau, il ne faut pas le haïr. Parce que la haine n’est qu’une prison comme une autre, la seule façon de se venger est de rester libre.

Le récit du documentaire suit deux routes parallèles. Le premier est histoire à la première personne. La voix calme et en même temps intense de Liliana Segre, qui évoque des faits et des sentiments de douleur indescriptible, est accompagnée de précieux documents d’archives. La deuxièmele plus inédit et poignantc’est ça dit pour impressions et anecdotes par ses enfants et petits-enfants. Le portrait est conclu par des déclarations et des certificats d’estime de personnalités telles que Enrico Mentana, Fabio Fazio, Mario Monti et Ferruccio De Bortoli.

Liliana Segre en compagnie de son neveu Filippo dans « Liliana » (Lucky Red)

Lilianeoù le voir au cinéma

Le poète allemand d’origine juive Sinon Lasker-Schüler ((1869-1945) dont la vie est malheureusement liée à l’horreur du nazisme, il pensait au nœud le plus douloureux de ceux qui survivent à la Shoah ce n’est pas tant la peur de l’oublide perdre et d’oublier mais celui de ne pas être cru. Une réflexion qui, au premier coup d’oeil, se reconnaît dans la description que Liliana Segre fait d’elle-même.

Resté silencieux pendant 45 ans, il a même fait face à une longue dépression accompagnée de ça désir intense de ne pas se souvenirde ne jamais en parler. Parce que rien de son expérience d’enfant ne pouvait vraiment être exprimé ou décrit avec des mots connus de l’homme. Puis, la décision courageuse et jamais libératrice de raconter à chacun son histoire en tant qu’enfant, principalement auprès des jeunes générations, pour que tout le monde puisse et sache ce qui s’est réellement passé.

30 ans de rencontres dans les écoles et d’engagement politique en tant que sénateur à vieà la commission de lutte contre l’intolérance, le racisme, l’antisémitisme et l’incitation à la haine. Le documentaire, au cinéma dans des salles sélectionnées (voici la liste) du 20 au 22 janvier pour revenir le 27 janvierDans le Jour du Souvenir. Et il est singulier qu’à l’approche de cet anniversaire, une trêve ait été conclue à Gaza. Un soupçon d’espoir de paix sans plus de haine ni de guerre.

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