La crise de gouvernance chez Indra
La récente intégration d’Escribano Mechanical & Engineering, l’entreprise d’Angel Escribano, président d’Indra, suscite une controverse grandissante. Cette situation a exacerbé les divisions au sein du Conseil d’Administration, entraînant une forte chute de l’action d’Indra. En effet, le titre a connu une baisse de 8 % avant de clôturer à -4,19 %, effaçant 440 millions d’euros de sa valeur boursière lors d’une séance où le volume d’échanges a doublé la moyenne habituelle.
Des rumeurs de licenciement plane
Les rumeurs d’un licenciement imminent d’Angel Escribano par le gouvernement font surface, rappelant un épisode similaire survenu en février. À cette époque, les actions avaient chuté de plus de 15 % à cause des incertitudes liées à la fusion. Cependant, un soutien ferme du gouvernement à Escribano avait redressé la situation. En revanche, cette fois-ci, ni la Société d’État pour les Participations Industrielles (Sepi) ni le gouvernement n’ont apporté leur soutien à Escribano, malgré une multiplication par trois de la valeur de l’entreprise durant son mandat.
Un manque de soutien gouvernemental
Alors que des sources de Moncloa se sont distancées de tout licenciement immédiat d’Escribano, elles ont également évité d’exprimer un soutien clair pour sa continuité à la tête d’Indra. Le ministre de l’Économie, Carlos Cuerpo, a appelé à la “prudence”, soulignant que ce type de décision doit émaner des organes de gouvernement de l’entreprise.
Les enjeux de la fusion
La Sepi détient près de 28 % des actions d’Indra, ce qui soulève des conflits d’intérêts potentiels si une entreprise cotée devait acquérir la société familiale de son président. Par ailleurs, le gouvernement craint de perdre le contrôle d’Indra face à la montée en puissance des Escribano, qui détiennent déjà 14 % des actions. Les répercussions pourraient également inclure des plaintes d’actionnaires, à la suite des accusations de corruption qui ont visé le précédent président.
Une fusion à risque
Les Escribano sont ouverts à l’idée d’une fusion, à condition qu’elle leur permette de maintenir une certaine influence tout en vendant une partie de leurs actions, mais à un prix qu’ils jugent juste. Cette évaluation pourrait s’élever entre 1,5 et 2 milliards d’euros, soutenue par la montée du secteur et de nouveaux contrats.
Des alliés et des adversaires au sein du Conseil
Comme l’a mentionné Carlos Cuerpo, la clé des décisions repose sur le Conseil d’Administration. Escribano bénéficie du soutien d’Amber Capital, qui détient 5 % du capital, ainsi que d’autres fonds d’investissement tels que Third Point, dont la position sur Indra est floue. Ensemble, ces soutiens totalisent trois voix favorables contre trois pour la Sepi et un conseiller opposé à la fusion, Jokin Aperribay de Sapa. Au centre de ce qui est une importante décision stratégique se trouve le PDG, José Vicente de los Mozos, qui pilote la fusion, et sept conseillers indépendants, clés dans toute éventualité de changement à la tête d’Indra.
Vers une situation incertaine
Contrairement à l’éviction de Fernando Abril Martorell en 2021, Escribano possède actuellement un mandat en cours jusqu’à dans trois ans, après avoir reçu 99 % de votes favorables lors de la dernière assemblée. Les conseillers doivent justifier une éventuelle destitution d’un dirigeant qui semble, à ce jour, bénéficier d’un soutien significatif du marché. La situation reste donc volatile, et l’avenir d’Indra dépendra des décisions à venir au sein de son Conseil d’Administration.
