L’art et le luxe vont souvent de pair. Les installations d’artistes dans les vitrines et sur les terrains du grand magasin parisien La Samaritaine en sont la preuve impressionnante – ou, pour reprendre les mots du philosophe Gilles Lipovetsky, capitaliste de l’art.
Le happening « Samaritaine en Mode Arty », prévu pendant la Fashion Week de Paris et jusqu’à fin octobre 2022, montre la volonté du grand magasin de se positionner avec la curation d’art, tout comme il considère sa sélection mode comme une source d’inspiration. Les nouvelles vitrines de La Samaritaine rue de Rivoli, un décor de la passerelle piétonne et de nouveaux revêtements muraux ont été inaugurés début septembre. Cette collaboration entre la mode et l’art est confiée à des femmes artistes dans un concept « d’art-thérapie » qui évolue rapidement vers une valorisation du féminin.
La Samaritaine aux influences art et pop
« En règle générale, les magasins engagent des concepteurs de vitrines pour concevoir leurs vitrines. La Samaritaine innove et commande l’artiste Marion Flament. Elle a voulu entrer en empathie avec l’histoire du plus petit grand magasin parisien et a plongé les vêtements et accessoires de mode dans son univers lumineux basé sur les couleurs des quatre éléments (terre, eau, feu, air). Son installation bleu nuit avec des lucioles lumineuses rappelle la Belle Époque », lit-on dans le communiqué de presse du grand magasin. “La Samaritaine fut alors le premier grand magasin à succomber à cette nouvelle invention appelée ‘l’électricité’ et ses vitrines attiraient les passants comme des papillons de nuit curieux.” ou du verre façonné au verre soufflé à la bouche. Pour ne pas négliger les amoureux du Pont Neuf, Marion Flament colore également la vitrine de la boutique Loulou d’une création céleste d’étoiles et du firmament nocturne.

À l’intérieur du grand magasin, le pont a reçu une nouvelle couche de peinture par Cecilia Granara. Inspirée par le lien entre la céramique et les motifs floraux décoratifs dans l’art italien et marocain, elle crée un travail in situ qui cherche à reproduire le caractère hypnotique de ces motifs (bâtiment Rivoli, passerelle. Atelier ‘La magie du Sigil’, samedi 8 juin octobre , immeuble Rivoli, rez-de-chaussée). Les muralistes ont tous conçu des œuvres qui ajoutent une dimension supplémentaire aux murs blancs du grand magasin.

Juste après le stand de bijoux Pamela Love se trouve l’œuvre transparente et en relief d’Ella Bats. La photographe célèbre la naissance de l’amour dans sa série Adam et Adam. La couleur révèle les énergies qui circulent à l’intérieur d’une personne : l’aura que dégage un je.

Désiré Mohed-Zandi, d’origine turque, déploie à grande échelle des tapisseries colorées et sculpturales. Un mélange complexe et harmonieux de fils colorés et de broderies inspirés des métiers de son enfance (bâtiment Rivoli, escalator, quartier Shinzo).
Parallèlement à l’événement Arty, les marques de mode ont contribué à des collections capsules et à des événements en direct

Le collectif de mode Études établit un dialogue entre l’art et la mode en mettant à l’honneur Jean-Michel Basquiat avec la marque. Visiteurs : à l’intérieur du premier étage côté Rivoli, des pièces intemporelles vous attendent dans un dispositif entièrement conçu par le collectif (Bâtiment Rivoli, niveau 1. Live Show, samedi 1er octobre).
Plus récemment, Shinzo Paris s’est associé à Redskins pour réinterpréter la quintessence de l’ours en peluche Spark dans une palette de cinq nouvelles couleurs, cette fois en cuir au tannage végétal et en coton biologique. Une œuvre de Nairone Defives, inspirée des univers des deux marques, orne la doublure de ces vestes en édition limitée. Chaque exemplaire est numéroté et signé par l’artiste et designer, connu pour ses collaborations avec de grandes marques (bâtiment Rivoli, premier étage).

Cet article a également été publié sur FashionUnited.fr. Traduction et révision : Barbara Russ

