La Mystérieuse Étoile Phoebe

Le 18 décembre 2019, un phénomène astronomique intrigant a été observé dans la grande nuage de Magellan. Une étoile a soudainement connu une augmentation de son éclat, suffisamment marquée pour attirer l’attention des scientifiques utilisant le télescope Víctor M. Blanco situé à l’Observatoire Interaméricain de Cerro Tololo au Chili. Ce phénomène, caractérisé par un enchérissement de lumière suivi d’une diminution symétrique, a duré environ une heure. Ce comportement inattendu a conduit les scientifiques à nommer l’objet mystérieux “Phoebe”.

Hypothèses sur l’origine de Phoebe

Depuis sa découverte, l’origine de Phoebe a suscité de nombreuses spéculations. Trois principales hypothèses ont été proposées :

  • Un planète vagabonde : L’un des scénarios évoque un planète ayant été expulsée d’un système solaire, vivant maintenant en solitaire dans notre galaxie ou, potentiellement, dans la grande nuage de Magellan.

  • Un trou noir primordial : Cette option, plus intrigante, envisage un trou noir de très petite taille créé lors des premières secondes du Big Bang, résultant de fluctuations dans la densité de la matière.

  • Une autre étoile : Bien que moins probables, certains ont suggéré qu’il s’agisse d’une étoile moins lumineuse qui s’est simplement déplacée devant le champ d’observation.

Les chercheurs ont réalisé une analyse statistique et ont constaté que la théorie du trou noir primordial avait une probabilité 100 000 fois plus élevée que les autres hypothèses.

La Microlentille Gravitationnelle

Après l’excitation initiale, les scientifiques ont rapidement compris la nature du phénomène observé. Il s’agissait d’une microlentille gravitationnelle, un effet provoqué par un objet massif se positionnant entre un observateur et une source lumineuse. La magnétisation de l’image résultante est due à la courbure de l’espace-temps générée par la masse de l’objet.

L’Importance de la Durée

La durée de l’événement est cruciale pour estimer la masse de l’objet en question. En effet, plus l’objet est léger, plus il se déplace rapidement et moins la durée d’augmentation de l’éclat est longue. Dans le cas de Phoebe, l’événement a duré une heure, ce qui, d’un point de vue cosmique, est relativement court. Cela suggère que l’objet responsable pourrait avoir une masse équivalente à environ trois lunes, une valeur très basse comparée aux trous noirs qui résultent de l’effondrement stellar, généralement d’au moins cinq soleils.

Une Possibilité Révolutionnaire

Si Phoebe est effectivement un trou noir primordial, cela invite à propager une excitation considérable. Ces trous noirs, bien que théoriques, pourraient constituer une part significative de la matière noire, un des grands thèmes obscurs de l’astrophysique. En vérité, seulement 5 % de l’univers est constituée de « matière ordinaire ». Le reste demeure confusément classé comme matière noire et énergie noire.

Prochaines Étapes

La découverte de Phoebe pourrait n’être que le début d’une quête pour déchiffrer les mystères de l’univers. Les chercheurs devront continuer leur recherche pour découvrir d’autres objets similaires à Phoebe. Pour cela, des télescopes adaptés, capables de détecter des fluctuations lumineuses subtiles et cibler des zones densément peuplées d’étoiles, seront essentiels.

Des observatoires comme le Vera Rubin, prévus pour être opérationnels, pourraient fournir les données cruciales. Le 18 décembre 2019 marquait un tournant sur Terre avec la montée d’une pandémie, tandis que dans l’espace, des découvertes potentielles étaient en cours d’élaboration pour résoudre l’un des plus grands mystères de l’astrophysique.



F1-ES