Il y a quatre semaines, le Hamas a provoqué des morts et des destructions, principalement parmi les civils israéliens. Et dans les semaines qui ont suivi, les bombardements israéliens et une invasion terrestre ont provoqué une misère sans fin dans la bande de Gaza déjà ravagée. Les faits et les chiffres sont rares, notamment parce que Gaza est fermée au monde extérieur. Mais les organisations humanitaires et les Nations Unies sont sans équivoque : il s’agit d’un massacre sans précédent de civils palestiniens, entraînant des milliers de morts. Les objectifs de la réponse militaire israélienne sont, peut-être délibérément, vaguement formulés. L’élimination du Hamas est une illusion. La guerre peut donc continuer longtemps. Et cela augmente également les risques d’escalade en dehors d’Israël et de la Palestine. Au cours des quatre premières semaines, l’impact du conflit au Moyen-Orient sur le monde, tant parmi les citoyens que sur le plan géopolitique, était déjà visible. Dans de nombreux pays, les citoyens sont victimes de haine et (de menaces de) violence, uniquement en raison de leur origine ou de leur religion. L’antisémitisme et la haine musulmane prospèrent dans un débat houleux entre Israël et la Palestine, de sorte que tous les ingrédients d’une misère encore plus grande sont présents.

Des exemples à l’étranger, comme l’assaut d’un avion en provenance de Tel-Aviv au Daghestan, ont fait sensation ces derniers jours. Mais il existe aussi des exemples honteux aux Pays-Bas. Les mosquées doivent offrir une sécurité supplémentaire. Le restaurant juif Cheider d’Amsterdam a dû fermer temporairement car la sécurité des enfants, des parents et du personnel ne pouvait être garantie. Le Coordonnateur national de lutte contre l’antisémitisme (NCAB) a constaté une nette augmentation du nombre d’incidents antisémites. Le fait que les citoyens ne se sentent pas en sécurité aux Pays-Bas et soient parfois même agressés est inacceptable. Maintenant qu’il devient de plus en plus clair que l’escalade à Gaza et en Israël est loin d’être terminée, l’urgence de ce problème doit figurer avec plus d’insistance à l’agenda politique.

Cela ne change rien au fait qu’Israël-Palestine ne doit pas être réduit à une question électorale bon marché, sans nuances de gris. En période d’élections, les hommes politiques ont tendance à vouloir s’adapter à l’actualité. Ce sujet est beaucoup trop complexe pour cela. De plus, les déclarations sans réserve des hommes politiques peuvent affecter directement la sécurité des citoyens. C’était peut-être un bénédiction déguisée qu’un débat sur la guerre à la Chambre des représentants a été annulé cette semaine. Le D66 et le SP l’avaient demandé, mais les partis de coalition du cabinet sortant, le VVD et le CDA, n’y étaient pas favorables. D66 et SP avaient une bonne raison de demander ce débat : la position des Pays-Bas dans ce dossier est floue au niveau international, en raison de leurs propres actions. Les Pays-Bas, comme 14 autres États membres de l’UE, n’ont pas soutenu une résolution de l’ONU appelant à un éventuel cessez-le-feu permanent, mais se sont abstenus lors du vote. Les Pays-Bas avaient même initialement eu tendance à voter contre la résolution, selon une reconstitution de CNRC. En effet, l’attaque terroriste du Hamas du 7 octobre n’a pas été clairement condamnée. Après de nombreuses discussions, l’abstention a été choisie, principalement pour des raisons géopolitiques.

Un débat sur la position néerlandaise, qui divise profondément le gouvernement sortant, aurait été le bienvenu. La transparence sur les considérations qui sous-tendent cette décision est nécessaire. Mais un débat sur Israël-Palestine doit être mené de manière responsable, avec quelques principes qui doivent toujours primer : l’empathie envers les citoyens et les victimes, et le respect du droit international. Malheureusement, ces deux principes sont trop souvent invisibles.

Certains partis soutiennent aveuglément un parti et perdent ainsi de vue l’humanité. Israël-Palestine doit continuer à être considéré comme un dossier extrêmement compliqué, avec des conséquences pour d’innombrables citoyens qui ne l’ont jamais demandé. Ce qu’il ne devrait certainement pas être, c’est un produit importé guerre culturelle. Se tenir aveuglément derrière Israël, ou scander un slogan comme Du fleuve à la mer, la Palestine sera libre, déshumaniser le conflit. Plusieurs parties se rendent coupables de tentatives d’escalade plutôt que de calme. La sagesse est nécessaire, mais pas suffisamment offerte politiquement. La lutte contre les tensions sociales croissantes doit être une priorité absolue, quelle que soit la position d’une partie dans ce conflit. Un bon exemple a été donné par la maire d’Amsterdam, Femke Halsema, qui a souligné que les citoyens ne devraient jamais être tenus responsables de la politique des dirigeants du Moyen-Orient. Son exemple mérite d’être suivi. Sur le plan international, les Pays-Bas doivent s’engager à sauvegarder le droit international, à défendre les intérêts des citoyens et à rester toujours disponibles en tant que partenaire : que ce soit pour fournir une assistance ou pour aider à la médiation.



ttn-fr-33