La libéralisation du marché de la haute vitesse en Espagne : un constat amer
Un corridor de haute vitesse qui coûte de plus en plus cher, tandis que d’autres semblent avoir atteint leur plafond. L’arrivée de la concurrence sur le marché des trains RENFE avait suscité des espoirs de diminution des prix. En effet, les tarifs avaient baissé significativement. Mais la question qui se pose maintenant est : quand les prix vont-ils remonter ? Et surtout, jusqu’où peuvent-ils grimper ?
Analyse des données du printemps
La dernière étude publiée par la CNMC porte sur les prix et l’occupation des trains à haute vitesse, avec un focus sur les mois d’avril, mai et juin, période de forte affluence due aux vacances de Pâques et aux premiers déplacements estivaux. Malgré une offre de 0,6 % de sièges en moins, le nombre de voyageurs a augmenté de 4,4 % par rapport à 2024.
Des chiffres révélateurs
Ces données montrent clairement que les Espagnols voyagent de plus en plus en haute vitesse. Au second trimestre de 2025, 11,8 millions de passagers ont emprunté ces lignes, soit une augmentation de 16,1 % par rapport au trimestre précédent et de 15,2 % par rapport à la même période l’année précédente.
Deux vitesses sur le marché
Il existe un fossé évident dans le marché de la haute vitesse en Espagne. D’une part, le corridor Madrid-Barcelona, dont les prix continuent d’augmenter et qui reste le principal axe du pays. D’autre part, les lignes andalouses et valenciennes, où les tarifs commencent à se stabiliser.
Réductions des prix sur certains corridors
Les corridors où les prix ont baissé incluent principalement ceux d’Andalousie et de Valence. Par exemple, le trajet de Madrid à Séville est devenu, en moyenne, 8,6 % moins cher que l’année précédente, en partie grâce à Ouigo. Les prix des autres fournisseurs tels qu’Iryo et AVE ont également connu des baisses, tandis qu’AVLO a augmenté ses tarifs de 3,4 %. Le prix moyen du trajet s’élève désormais à 49,47 euros.
L’impact d’Ouigo
Le corridor Madrid-Málaga, bien qu’il soit légèrement moins cher, a enregistré une baisse des prix de seulement 1,2 %. Ouigo continue de jouer un rôle crucial en maintenant les prix à la baisse.
Une stagnation inquiétante
Malgré des prix globalement plus bas, on remarque un certain à-coup. Les prix moyens des billets, bien qu’ils aient chuté par rapport à 2024, montrent maintenant des signes de stagnation. Renfe a donc significativement réduit ses prix AVE, mais avec des hausses parallèles sur ses services AVLO.
Le corridor le plus cher : Madrid-Barcelona
En revanche, le corridor Madrid-Barcelona a subi la hausse la plus significative. Au début de 2024, le prix moyen s’établissait autour de 40 euros ; un an plus tard, il a grimpé à 50 euros, et entre avril et juin, il a atteint 63,14 euros.
Une guerre de prix insoutenable ?
Les compagnies, telles qu’Iryo et Ouigo, commencent à s’écarter de cette guerre des prix. Elles semblent trouver cela non viable économiquement. Des changements de direction indiquent également un tournant dans leur stratégie, marquant un désir de stabiliser le marché.
Vers une augmentation inéluctable des prix
Renfe, quant à elle, anticipe des augmentations de prix, signalant qu’elle suivra ses concurrents. La compagnie a clairement indiqué qu’une hausse des tarifs semble inévitable, comme on le voit déjà sur le corridor Madrid-Barcelona.

