La Guardia Pretoriana de Scaloni

Les débuts à Valence

«Nunca estamos perdidos». Cette phrase prononcée par Lionel Messi résume parfaitement la philosophie de Lionel Scaloni, ancien assistant de Jorge Sampaoli, devenu sélectionneur de l’équipe nationale argentine après la déception du Mondial 2018. Scaloni a pris les rênes de l’équipe dans un contexte difficile, marqué par 25 ans sans titre. Ne s’attendant pas à cette opportunité, il a reçu la confiance de la AFA ainsi que la liberté de recruter son propre staff technique, qu’il a surnommé sa “guardia pretoriana”.

La première personne qu’il a contactée fut Pablo Aimar, un ancien joueur valenciens, avec qui il avait déjà connu du succès à la tête d’une équipe de jeunes. Cette collaboration dans le prestigieux tournoi Sub-20 COTIF à L’Alcudia a mené à un titre tant désiré, soulignant leur alchimie et leur vision collective.

L’influence sur Messi

Scaloni savait qu’il devait s’appuyer sur Messi, et Aimar, son ancien idole, a joué un rôle clé dans cette démarche. Il a veillé à ce que le joueur phare de l’équipe se sente soutenu et libre de s’exprimer sur le terrain, un cadre similaire à celui qu’il connaissait au FC Barcelone. Au fil du temps, Scaloni et Aimar ont développé une relation qui, selon les dires, ressemble à un “mariage”, caractérisée par une compréhension mutuelle et une approche tactique réfléchie.

La création d’un staff solide

Au-delà d’Aimar, Scaloni a intégré d’autres ex-internationaux, notamment Walter Samuel et Fabián Ayala, afin de bénéficier de leur expérience acquise en Europe. Samuel, avec son rôle crucial dans les phases de jeu arrêtées, a démontré sa valeur lors de la Coupe du Monde, comme en témoigne le but de Mac Allister contre la Suisse.

L’interaction et la liberté d’expression au sein de ce staff sont cruciales. Ayala, en particulier, est la voix qui anime les discussions tactiques et les ajustements à la mi-temps. Scaloni, souvent en proie au stress, trouve en eux un soutien indispensable. Son “pensieri”, ou réflexion, est précieux pour la préparation des matchs, où il prévoit des ajustements en fonction des adversaires.

La gestion de l’équipe et des émotions

Scaloni analyse en profondeur chaque match avec son équipe d’assistants, dont Matías Manna et le préparateur physique Luis Martín. Cette dynamique se joue aussi bien avant qu’après les rencontres. Par exemple, lorsqu’Argentina a subi une défaite contre l’Arabie Saoudite, Scaloni a demandé discrétion à son staff pour préserver l’état d’esprit des joueurs.

À l’opposé, lorsqu’il ressent le besoin de se faire entendre, il sait aussi compenser avec des moments de convivialité. Scaloni pense que parfois « un barbecue vaut mieux que 20 séances tactiques » pour maintenir l’équipe soudée.

Un avenir incertain

Après avoir remporté la Copa América et la Coupe du Monde, Scaloni a évoqué un possible retrait, conscient que les attentes sont désormais extrêmement élevées. Ce moment de réflexion a permis à sa “guardia pretoriana” de se réorganiser et de continuer à viser de nouveaux sommets dans le football international.

En définitive, Scaloni et son équipe illustrent comment une approche réfléchie, basée sur la solidarité et la compréhension, transforme une équipe en champions. Leur quête n’est pas juste celle du succès, mais celle d’une identité forte, qui pourrait redéfinir le football argentin pour les années à venir.



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