Kamikatsu : un village précurseur du zéro déchet au Japon

A la fin des années 90, la petite commune de Kamikatsu, située dans la préfecture de Tokushima, a initié une réflexion cruciale sur la gestion des déchets. Avec un peu plus de mille habitants, ses habitants se sont demandé : “Pourquoi générons-nous tant de déchets ?”

Un modèle de séparation des déchets unique

Cette question a conduit Kamikatsu à devenir la première municipalité japonaise à se déclarer ‘zéro déchet’. Cela implique notamment la vente de poubelles spécifiques et la nécessité pour les citoyens de séparer leurs déchets en 45 catégories différentes. Ces déchets sont ensuite déposés par les habitants eux-mêmes au centre de tri local.

Cette méthode semble extrême mais elle soulève un paradoxe : la question se pose de savoir si cette obsession pour la séparation des déchets est vraiment efficace. Une influence notable est celle des réseaux sociaux, avec à l’honneur une tiktokeuse, @nuriape_, qui a partagé un aperçu du système en place.

Le fonctionnement du système de déchets japonais

Depuis 1997, la législation japonaise impose la séparation des déchets tels que le verre, le PET et le carton. Avec le temps, cette réglementation a évolué vers une complexité croissante, les municipalités les moins avancées ayant encore neuf catégories, tandis que d’autres en comptent jusqu’à 45.

Il est essentiel de respecter ces catégories : toute erreur dans la séparation signifie que les déchets ne seront pas collectés. Ce système en fait une véritable machine à trier, mais malgré des années de sensibilisation, les résultats restent décevants.

Taux de recyclage : un constat alarmant

Malgré un système rigoureux, le Japon affiche une faible performance en matière de recyclage. Le pays recycle environ 20% de ses déchets, contre 39% pour l’Espagne. Il est essentiel de noter qu’aucun des deux pays ne respecte les objectifs européens, où 55% de recyclage sont attendus.

Points forts et faibles du système japonais

Un des aspects les plus positifs du modèle japonais est la régularité de la collecte et la catégorisation stricte des déchets. Cette approche assure que les conteneurs ne débordent jamais. Au Japon, la collecte est quotidienne et est rigoureusement planifiée, contrairement aux systèmes municipaux espagnols, souvent inégaux.

La mise en place d’une tarification par sac incite également à réduire les déchets, une pratique que peu de municipalités espagnoles ont adoptée. En revanche, l’Espagne a une approche plus responsable envers les producteurs de déchets, une mesure qui pourrait rendre le système plus efficace.

Des préoccupations communes concernant les déchets plastiques

Malgré des différences notables, le Japon et l’Espagne partagent des défis similaires en matière de gestion des déchets, notamment en raison de leur dépendance respective à l’incinération et à l’enfouissement. Le Japon incinère 75% de ses déchets, tandis que 50% des déchets espagnols finissent dans des décharges. Les plastiques à usage unique demeurent un problème urgent pour les deux nations.

En somme, si le système de gestion des déchets japonais est impressionnant, son efficacité réelle pose question. Les réformes nécessaires devront allier méthodes strictes et résultats tangibles pour atteindre des objectifs de durabilité.



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