La Situation Politique en Équateur : Un Référendum Contesté
La Corte Constitutionnelle de l’Équateur a récemment validé le traitement de la question légale concernant le référendum proposé par le président Daniel Noboa, qui vise à convoquer une Assemblée Constituante. Cette décision marque un tournant dans la dynamique actuelle entre l’Exécutif et la Cour, signalant un moment critique pour le système politique équatorien.
La Corte a confirmé que la voie choisie par Noboa est appropriée pour élaborer une nouvelle Constitution. Cela déclenche un processus d’examen formel qui inclura l’analyse de la proposition du référendum ainsi que des statuts régissant l’élection et le fonctionnement de la future Assemblée Constituante. Cette démarche repose sur un décret présidentiel, le deuxième en l’espace de quelques mois, conformément aux lois en vigueur.
Le Processus et Ses Implications
Dans son avis préliminaire, la Corte a souligné que l’Assemblée Constituante aurait le pouvoir exclusif de rédiger et d’approuver une proposition de nouvelle Constitution, qui devra ensuite être soumise à un référendum populaire. De plus, la Cour a précisé que les opérations de la Constituante doivent respecter les limites matérielles du pouvoir constituant, notamment le respect de la dignité humaine, l’observation des instruments internationaux de droits humains, ainsi que le respect des normes impératives du droit international.
Dans sa résolution, la Corte a également rappelé à Noboa que toute initiative visant à convoquer une Assemblée Constituante devait, de manière obligatoire, être précédée d’une demande dûment motivée soumise au tribunal. Ce rappel a été provoqué par la controverse entourant la convocation directe par Noboa, qui, par décret, avait appelé à un référendum sur la mise en place de la Constituante, dans le but de remplacer la Constitution en vigueur depuis le mandat de Rafael Correa (2007-2017), sans avoir au préalable obtenu l’aval de la Corte.
Les Réactions et Les Défis Juridiques
Cette convocation présidentielle a engendré une série d’actions juridiques. Les juges constitutionnels ont accepté cinq demandes d’inconstitutionnalité et ont suspendu temporairement l’effet du décret. Parallèlement, le Conseil National Électoral (CNE) a proclamé le début de la période électorale pour le référendum, mais n’a pas pris position sur la question relative à la Constituante. Suite à cela, Noboa a annulé le décret suspendu pour en émettre un nouveau, tentant ainsi de faire traiter la proposition par le CNE sans attendre le verdict de la Corte Constitutionnelle.
Après une reprise de ses sessions, le CNE a demandé au tribunal de se prononcer rapidement sur la question, afin de pouvoir intégrer la consultation dans le référendum prévu pour le 16 novembre. Pour l’instant, seules deux questions ont été approuvées pour cette date : l’une concerne la réinstallation de bases militaires étrangères et l’autre vise à éliminer le financement public des partis politiques.
Un Mandat Électoral Contesté
La mise en place d’une Assemblée Constituante figure parmi les principales promesses de campagne de Daniel Noboa. Élue en 2023, sa réélection pour le mandat 2025-2029 est marquée par une relation de plus en plus tendue avec la Corte. Noboa a accusé le tribunal d’être un “ennemi de la citoyenneté“, suite à la limitation de plusieurs lois et états d’urgence qu’il avait proposés.
Dans ce climat de confrontation, la Corte a rejeté quatre des questions soumises par Noboa pour le référendum, le poussant à organiser deux grandes manifestations à Quito et Guayaquil en signe de protestation contre les décisions des magistrats.
L’issue de cette situation incertaine pourrait avoir des répercussions importantes sur la structure politique et constitutionnelle de l’Équateur, et surveiller le développement de ce référendum reste crucial pour l’avenir du pays.
