Karl Bushby, 27 ans, veut faire le tour du monde à pied. (Image : Infobae/X@EnzoSanchezIA)

La quête extraordinaire de Karl Bushby

En 1998, un jeune homme de 28 ans et ancien membre du Régiment de Parachutistes britannique a décidé de quitter sa maison à Hull, en Angleterre, avec un objectif ambitieux : réaliser une expédition ininterrompue autour du monde, uniquement à pied. Ce défi porte le nom de « l’Expédition Goliath », et il a promis de ne revenir chez lui qu’une fois son périple achevé.

Bushby s’est fixé une règle stricte : il ne devait pas utiliser d’avions, de trains ou de voitures. Son seul allié était ses pieds, une sacoche et une détermination sans faille. Chaque mètre parcouru devait être franchi par ses propres moyens, que ce soit en marchant, grimpant, nageant ou même rampant. Une contrainte qui a marqué de manière indélébile son chemin.

Un chemin semé d’embûches

Le parcours de Karl Bushby a été loin d’être linéaire. Il a parcouru plus de 58 000 kilomètres, à travers des terrains aussi divers que les jungles du Darién en Amérique du Sud jusqu’aux côtes glaciales de l’Arctique. Ses aventures l’ont amené à affronter des conditions de survie extrêmes, où l’alerte constante est de mise. L’un de ses moments les plus difficiles a été la traversée du détroit de Béring en 2006, où il a dû nager entre des icebergs dans des températures proches de zéro.

Son père, Keith Bushby, se souvient des dangers de cette épreuve, qualifiant la traversée de train de marchandises d’icebergs en mouvement. Les obstacles auxquels Karl a fait face n’étaient pas uniquement physiques ; des complications bureaucratiques l’ont également contraint à rebrousser chemin.

Les défis administratifs et humains

Un autre aspect marquant du voyage de Karl a été la confrontation avec les autorités. À Panama, il a été arrêté pour traversée de zones interdites, ce qui a été un rappel brutal de la réalité de son défi. Après son arrestation, il a été transporté par hélicoptère et emprisonné, avant d’être libéré pour repartir au même lieu d’où il avait été récupéré. “Il n’a jamais raté un centimètre”, souligne son père, fier malgré les défis.

Les conditions difficiles se sont multipliées : des montagnes, des déserts, et même des zones de conflit ont jalonné son parcours. Cependant, à chaque étape, il a été soutenu par la générosité et la hospitalité des communautés locales qui l’ont aidé à se nourrir et à se reposer.

Une vie de nomade

Durant ces trois décennies, Karl a vécu dans un mode minimaliste, voyageant avec un équipement léger. Parfois, il utilise un petit chariot pour transporter ses affaires essentielles. Ce choix de vie est à la fois un moyen de survivre et un moyen de s’adapter à des environnements hostiles. Sa détermination et son ingéniosité dans des situations difficiles ont été des éléments essentiels à sa longévité dans ce périple.

Un voyage qui se prolonge

En 2025, Karl Bushby a finalement posé le pied en Europe, mais son aventure n’est pas encore terminée. À 56 ans, il continue sa marche à travers des zones reculées d’Asie Centrale, en partageant chaque moment sur les réseaux sociaux et son site officiel. Cependant, il a dû faire face à des limitations dues à des problèmes de visa en Russie, retardant ainsi son projet.

Ce qu’il pensait être une expédition de 12 ans est devenu un défi de près de 30 ans. Si tout se passe comme prévu, il espère revenir à Hull d’ici fin 2026, devenant ainsi la première personne à réaliser une marche ininterrompue autour du globe.

Son récit est non seulement une histoire d’aventure, mais aussi une réflexion sur la détermination et la résilience humaine. Il incarne l’esprit d’un explorateur moderne, mettant à jour notre compréhension des limites physiques et psychosociales de l’homme dans sa quête de temps et d’espace.



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