La guerre de l’Iran : un miroir de notre dépendance au pétrole

Johan Rockström, un des scientifiques environnementaux les plus respectés au monde, a récemment fait entendre sa voix sur les conséquences de la guerre en Iran, soulignant que ce conflit met en évidence notre dépendance critique aux ressources fossiles. D’après Rockström, cette guerre n’est pas simplement un événement géopolitique isolé, mais un indicateur alarmant des failles dans notre transition énergétique.

Une addiction au pétrole à l’origine de nos vulnérabilités

Rockström explique que les deux dernières décennies ont vu un manque d’action significatif concernant la transition vers des énergies renouvelables. Au lieu de cela, nous avons continué à permettre à certains pays, souvent non démocratiques, de contrôler les ressources énergétiques, ce qui nous rend vulnérables. Il déclare : “Si les politiciens nous avaient écoutés à temps, nous ne serions pas dans cette situation.”

Une réaction inadéquate des pays industrialisés

Face à la crise actuelle des approvisionnements, la réponse de nombreux pays industrialisés est déconcertante. Rockström décrit cette réponse comme une tentative de “jeter de l’huile sur le feu”, en continuant à subventionner le pétrole et le gaz au lieu de privilégier une approche durable. Il fustige : “Nous continuons à penser que la solution est de réduire le prix des combustibles fossiles, alors que cela constitue un chemin vers l’échec.”

Une bipolarisation énergétique croissante

Lors de la COP30 au Brésil, une division marquée entre les “pétro-états” et les “électro-états” s’est faite jour. Rockström observe que cette polarisation est inquiétante, avec d’un côté 80 pays œuvrant pour une transition rapide vers des énergies durables, et de l’autre 80 pays, y compris les États-Unis et l’Arabie Saoudite, qui souhaitent maintenir le statu quo. Selon lui, ceux qui choisissent de s’accrocher à l’ancienne économie seront les grands perdants de cette guerre énergétique.

Les défis pour l’Union Européenne

La situation actuelle a également des implications pour l’Union Européenne, qui semble freiner son agenda vert. L’ascension de partis extrémistes a créé un climat d’incertitude, rendant difficile l’atteinte des objectifs environnementaux précédemment fixés. Rockström avertit que cette hésitation pourrait coûter à l’Europe son avance dans les technologies renouvelables, notamment par rapport à la Chine, qui investit massivement dans l’énergie solaire et éolienne.

Un combat contre la science qui exacerbe la crise climatique

Rockström évoque également la guerre contre la science, particulièrement mise en lumière sous l’administration Trump. Il souligne que le déni des faits scientifiques nuit à nos efforts pour combattre le changement climatique, en détournant l’attention des sujets cruciaux tels que la crise énergétique. Malgré cette adversité, il reste optimiste sur la capacité de la planète à se régénérer si nous agissons rapidement.

La fenêtre de la transition énergétique est toujours ouverte

Concluant son discours, Rockström rappelle que “la fenêtre est encore ouverte pour accélérer et finaliser la transition énergétique.” Bien que le temps presse, il encourage à croire en la capacité de réaction de la planète : “Nous avons, jusqu’à présent, été pardonnés, mais il n’y a aucune garantie pour l’avenir.” Cette conclusion donne un espoir fragile mais sincère, appelant à un changement urgent dans nos politiques énergétiques.



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