La satire a aussi ses limites. Jan Böhmermann a probablement dépassé ce chiffre.
ZDF et Jan Böhmermann ont subi une défaite devant le tribunal de district de Munich, jeudi 19 décembre. Le cas en discussion concernait une émission du « ZDF Magazin Royale » de 2022.
Poursuivi pour diffusion de fausses informations
Selon le tribunal, dans l’épisode en question, l’animateur a fait de fausses allégations selon lesquelles l’ancien président de l’Office fédéral de la sécurité de l’information (BSI), Arne Schönbohm, aurait des liens avec les services secrets russes.
Il a ensuite poursuivi ZDF pour diffusion de fausses nouvelles. Le plaignant a exigé l’arrêt des déclarations inexactes et une indemnisation de 100 000 euros. L’homme de 55 ans a justifié cette somme par sa suspension, initiée par la ministre fédérale de l’Intérieur Nancy Faeser après le rapport.
Que peut faire la satire ?
Selon « Spiegel Online », la décision de justice a désormais décidé que la chaîne devait s’abstenir à l’avenir de toute déclaration sur les prétendus contacts d’espionnage de Schönbohm. Les juges ont estimé que ces affirmations pouvaient être interprétées par le public comme de faux faits. Même si le jugement précise que la satire est couverte par la liberté d’expression, une ligne doit être tracée si les déclarations, en tant que fausses déclarations de faits, violent les droits de la personne. Cependant, en ce qui concerne la demande de dommages et intérêts, le tribunal a rejeté la plainte. Toutefois, la décision n’est pas encore juridiquement contraignante.
« L’exécution médiatique » à travers le « journalisme menteur »
Dans une déclaration par l’intermédiaire de son avocat Markus Hennig après les négociations, l’ancien patron du BSI a appelé à des conséquences sur le personnel et à une révision approfondie des processus internes. Il a expliqué que les allégations de Böhmermann avaient détruit son intégrité et sa carrière et a parlé d’une “exécution médiatique”. Selon lui, des incidents similaires doivent être évités à l’avenir.
Son avocat a également annoncé qu’il intenterait une action en justice contre le refus d’indemnisation. Cependant, le succès de la procédure n’a pas été diminué, car son client cherchait avant tout à dénoncer un « journalisme menteur ». Il a également exigé des excuses publiques du directeur de ZDF.
Dans un premier temps, la chaîne n’a pas commenté le verdict, mais a publié une déclaration. L’émission controversée a été supprimée de la médiathèque, mais est toujours disponible sur la chaîne YouTube du magazine.

