A partir d’aujourd’hui, mercredi 18 janvier, en correspondance avec la fermeture de la data room, est attendue la présentation de l’offre de Lufthansa pour l’acquisition d’une participation minoritaire dans Ita Airways.L’entrée du groupe allemand se fera par une augmentation de capital réservée , l’offre pourrait indiquer le pourcentage – on parle de 35-40% – mais pas encore le montant de l’investissement. Le prix d’achat sera défini sur la base de la valeur des capitaux propres d’Ita, telle qu’elle ressort des états financiers, des rapports financiers intermédiaires et des estimations de fin d’année.
Les prochaines étapes
Lufthansa est la seule entité à avoir eu accès à la data room, il semble donc exclu que d’autres offres puissent arriver, même si ces derniers jours il y avait eu des rumeurs d’un éventuel intérêt d’Air France qui ne se sont toutefois pas concrétisées, a reçu l’offre, la Mef pourra engager des négociations exclusives pour aboutir à la signature d’un protocole d’accord. Mais pour la clôture de l’opération, l’approbation de l’European Antitrust est nécessaire, cela prendra donc environ 4 à 5 mois supplémentaires.
L’hypothèse
Selon certaines rumeurs, la valeur nette à la fin de l’année dernière s’élevait à 550 millions, en actualisant les 400 millions de ressources publiques versées par le MEF, avec le feu vert de la Commission européenne. D’ici mars 2023, une dernière injection de ressources publiques, à hauteur de 250 millions, sera possible. Selon ce qui a été rapporté par l’agence Bloomberg, Lufthansa envisage une mise de fonds pouvant aller jusqu’à 350 millions d’euros pour une participation initiale de 40 %, donc bien au-delà de l’hypothèse précédemment divulguée de 200-240 millions pour 35-40 % de l’entreprise. Il y aura une option à exercer ultérieurement pour l’achat de la partie restante du capital détenue par le MEF
Lufthansa est entré dans la salle des données en novembre
Tout est donc prêt pour l’arrivée de l’offre entre mercredi et jeudi de cette semaine. Lufthansa était entrée dans la data room en novembre, suite à la décision du ministre de l’Economie Giancarlo Giorgetti le 31 octobre dernier de ne pas prolonger l’exclusivité avec Certares, le fonds américain choisi par le précédent gouvernement. Les sessions d’experts avec les managers allemands, dirigées par Joerg Eberhart, responsable de la stratégie de Lufthansa, se sont tenues jusqu’à Noël au siège de Fiumicino d’Ita.
Les garanties exigées par la société allemande
ces derniers jours, il a été question de garanties que Lufthansa aurait demandées telles que celle de pouvoir obtenir la possibilité de pouvoir se retirer d’une acquisition complète en cas de non-fonctionnement de l’entreprise. Mais l’offre ne contiendra pas la demande de ces garanties, si quoi que ce soit lors de la rédaction du contrat avec les pactes d’actionnaires, les parties pourront discuter de leur inclusion.
Il en va de même pour les procès en prud’hommes intentés contre Ita par les anciens salariés de l’ancienne Alitalia désormais licenciés. Si le tribunal donne raison aux plus de 1 140 salariés, reconnaissant la continuité d’activité (rappelons que pour autoriser la naissance d’Ita l’Union européenne a posé la condition de cessation d’activité) à l’égard de l’ancienne compagnie aérienne nationale en liquidation et réintégrée, donc, en Italie ces travailleurs, Lufthansa pourrait demander des garanties pour ne pas les prendre en charge.

