La Libération de Juana Hilda González Lomelí : Un Nouveau Tournant dans le Cas Wallace

Hugo Alberto Wallace desapareció en 2005. Deux décennies après, une sentence de la Corte a mis en doute la vérité du cas. (CUARTOSCURO)

La Supreme Corte de Justicia de la Nación (SCJN) a ordonné la libération immédiate de Juana Hilda González Lomelí, condamnée à 76 ans de prison pour le supposé séquestre et assassinat de Hugo Alberto Wallace Miranda en 2005. Cette décision du tribunal suprême repose sur l’invalidité de la confession qui a soutenu sa condamnation, obtenue par torture, comme l’a documenté la Defensoría Pública Federal et confirmé par la Corte elle-même.

Ce verdict met fin à une prison de 19 ans injustifiée et démantèle le pilier central sur lequel reposait l’ensemble du cas Wallace.

La Primera Sala de la
La Primera Sala de la Suprema Corte de Justicia de la Nación (SCJN) a ordonné la libération “immédiate et absolue” de Juana Hilda González Lomelí. Crédit : ADN40

Après cette décision, une hypothèse qui circule depuis longtemps a refait surface. Des enquêtes journalistiques, telles que celle de Ricardo Raphael, suggèrent que Hugo Alberto Wallace n’aurait pas été sécoué ni assassiné comme le prétend le récit officiel, mais qu’il aurait simulé sa disparition pour échapper à une dette envers un puissant narcotrafiquant, Édgar Valdez Villarreal, alias La Barbie.

Ces affirmations viennent de l’auteur du livre Fabricación, qui documente six années d’enquête. Dans des discussions récentes, le journaliste a révélé des témoignages de César Freyre Morales, un condamné, ayant déclaré avoir eu des contacts avec La Barbie en prison. Ce dernier aurait même affirmé : “Hugo Alberto s’est barré avec trois tonnes de cocaïne”.

Isabel Miranda de Wallace, mère
Isabel Miranda de Wallace, mère de l’entrepreneur Hugo Alberto Wallace, supposé sécoué et assassiné en juillet 2005. CUARTOSCURO.COM

Le témoignage de Freyre offre une explication plausible à ce qui pourrait être un montage orchestré par Isabel Miranda de Wallace. Ce dernier a également révélé une implication de Valdez Villarreal, ce qui dote l’hypothèse d’un mobile fort pour la disparition de Hugo. Cela contredit la version de l’Etat qui présente un crime par une supposée “bande de séquestrateurs”.

Un autre élément contesté du dossier Wallace est une goutte de sang retrouvée dans le bain de González Lomelí, dont l’ADN correspondait à 99 % à celui du père de Hugo Alberto : José Enrique del Socorro Wallace. Cependant, Ricardo Raphael a découvert que ce n’était pas son père biologique, comme en témoigne Carlos León Miranda, cousin d’Isabel.

Edgar Valdez <i>la Barbie</i> Villareal fue detenido
Edgar Valdez la Barbie Villareal a été arrêté en 2010 en tant que l’un des principaux opérateurs du cartel de Beltrán Leyva. AFP

L’ investigation  a soulevé des doutes quant à la validité de la découverte de cette goutte de sang, suggérant qu’elle pourrait avoir été plantée délibérément pour renforcer l’affirmation d’un crime inexistant. Pendant près de vingt ans, Isabel Miranda de Wallace a construit une carrière publique autour de la dénonciation de ce séquestre, créant l’organisation Alto al Secuestro et recevant le Prix National des Droits de l’Homme en 2010.

| Foto: Cuartoscuro
| Foto: Cuartoscuro

Son activisme lui a ouvert les portes des cercles les plus influents, établissant un pacte politique avec l’ancien président Felipe Calderón, lui offrant un accès privilégié aux services de sécurité. En conséquence, l’Etat a été utilisé comme une arme à son service pour faire avancer sa cause.

Le 8 mars, au moment de la publication du livre Fabricación, ainsi que durant l’audience de Juana Hilda, la mort soudaine d’Isabel Miranda de Wallace a été annoncée. Cette nouvelle, révélée par le journaliste Antonio Nieto, a soulevé de nombreuses questions quant à sa véracité, notamment en raison de l’absence de dossier médical et des circonstances floues concernant sa mort.

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Le journaliste a informé de la mort d’Isabel Miranda de Wallace. Photo : Capture d’écran – X/@siete_letras.

Cependant, Raphael a mis en question la véracité de cette mort, notant une absence de registres hospitaliers et des déclarations contradictoires concernant les causes du décès. Les circonstances entourant l’enterrement et l’absence de figures politiques notables soulèvent également des soupçons.

Le cas de Hugo Alberto Wallace, au-delà d’être une affaire judiciaire, illustre les faiblesses du système de justice mexicain. Le modèle judiciaire, souvent acculé à fabriquer des coupables, met en lumière les abus de pouvoir et l’instrumentalisation de l’État.

L’avenir de cette affaire pourrait changer si des enquêtes et des décisions judiciaires sont prises rapidement. Avec l’éventualité que les contrats actuels de la Supreme Corte soient renouvelés, le temps presse pour ceux qui espèrent une réelle justice.

La libération de Juana Hilda González Lomelí pourrait ne pas être juste la récupération de sa liberté, mais un tournant dans l’histoire d’une justice enfin rétablie, pour un système souvent perçu comme défaillant.



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