Sur un peu plus de 2 millions de citoyens en âge de travailler ayant au moins onze salaires mensuels perçus en 2021, seuls 20 % des individus ont un emploi. Au Nord, c’est un peu mieux : 26 % de ceux qui perçoivent l’allocation sont aussi des travailleurs (46 % si elle est limitée aux seuls hommes) ; ce pourcentage monte à 36% si l’on considère la population d’étrangers non-UE recevant la RDC. Les salariés « stables » du Rdc qui travaillent sont majoritairement salariés (près de 60 %) avec des contrats à durée déterminée et à temps partiel.

Dépensé 23 milliards en trois ans

Les données sur la participation au marché du travail sont contenues dans le rapport annuel du président de l’INPS, Pasquale Tridico, qui consacre un chapitre au revenu de citoyenneté : au cours des 36 premiers mois d’application (avril 2019-avril 2022), la mesure a atteint 2,2 millions ménages pour 4,8 millions de personnes, pour un coût total de près de 23 milliards d’euros, le montant mensuel moyen est d’environ 577 euros.

Déficit budgétaire sur le front des politiques actives

Si la mesure a représenté un soutien contre la pauvreté pour de nombreux allocataires, le budget sur le front des politiques actives du travail est fortement déficitaire. Sur 2 048 394 allocataires de la RDC depuis au moins 11 mois, plus de 80% se sont révélés n’avoir eu aucun emploi la même année. Alors que 393 mille bénéficiaires ont ouvert un emploi en même temps que l’utilisation du RdC, et 326 315 ménages sur 855 mille familles (40%, le chiffre est plus élevé car dans un noyau recevant le RDC plus de personnes peuvent travailler, restant en dessous du seuil d’accès). L’estimation de la participation simultanée au marché du travail des allocataires est donc très différente selon que l’analyse porte sur le noyau ou sur la personne. La contemporanéité entre RdC et travail peut être estimée à environ 40% pour les ménages et environ 20% pour les personnes (le public de référence comprend cependant aussi les mineurs et les personnes handicapées, l’INPS ne fournit pas de donnée sur les “employables”).

Inapp : seuls 4 % des utilisateurs sont employés via des centres d’emploi

On ne sait cependant pas si les salariés de la RDC qui travaillent ont trouvé un emploi grâce à une offre d’emploi proposée par Pôle emploi. Il n’y a pas d’analyses, ni de données de l’Anpal ou des Régions, afin d’avoir une certaine image nationale de l’efficacité de l’action des Pôles emploi à favoriser la rencontre entre demande et offre de travail spécifiquement aux receveurs du Rdc. Il existe des analyses, comme celle de l’INAP, qui se réfèrent à la généralité des utilisateurs, soulignant comment la plupart des gens trouvent du travail grâce à des canaux informels (amitiés, relations) et que les Pôles d’emploi traitent principalement avec des utilisateurs faibles (les 32 % ont des moyennes plus faibles ) et parviennent à amener un peu plus de 4 % de leurs utilisateurs au travail.

En 2019, 33 % des salariés travaillaient

Pour avoir un terme de comparaison, dans le précédent rapport annuel de l’INPS, seuls 33% des salariés en âge de travailler avaient une confirmation administrative de participation au marché du travail en 2019. En analysant les caractéristiques des 393 000 salariés qui sont également des travailleurs, 236 000 sont des hommes et 157 000 femmes, le nombre moyen de semaines qui semblent avoir travaillé au cours de l’année est égal à 28, environ 6/7 mois, le type prédominant est le travail salarié privé (62 %), suivi du travail indépendant (19 %) et le travail domestique (8 %).



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