El BCRA proyectó una baja de la inflación a partir de abril. REUTERS/Agustin Marcarian

Le Banco Central de la République Argentine (BCRA) affiche une vision optimiste mais prudente quant à l’évolution de l’économie locale pour 2026. Cependant, il met en garde contre le risque d’un durcissement brusque des conditions financières mondiales, un facteur de vulnérabilité externe pour l’Argentine.

État des lieux de l’économie en 2026

Dans le dernier Rapport de Politique Monétaire (IPOM), il est indiqué qu’un aggraver des tensions pourrait déclencher un scénario disruptif avec des contractions financières plus importantes et de sérieux problèmes d’approvisionnement en biens critiques tels que l’énergie et les engrais. Cela pourrait raviver l’inflation à l’échelle mondiale.

Malgré ce contexte, le BCRA souligne que la stabilité financière argentine repose sur des bases structurellement solides. Le comportement du taux de change nominal et des taux d’intérêt a été remarquable par rapport à d’autres épisodes internationaux similaires. Cette résilience a permis à l’Argentine de naviguer à travers les récents chocs géopolitiques sans impacts déstabilisateurs sur les marchés locaux.

Analyse de la croissance économique

Concernant l’ activité économique, le premier trimestre a révélé une décroissance du Produit Intérieur Brut (PIB) en raison de la normalisation de la production agricole après une récolte record de blé. Bien que certaines données aient montré des baisses mensuelles et annuelles, le BCRA considère ces fluctuations comme transitoires.

Le document indique une “hétérogénéité de la croissance interannuelle” à travers les secteurs, avec l’agriculture, l’exploitation minière et la finance comme les plus dynamiques. En revanche, l’industrie, le commerce et la construction ont subi des baisses, affectées par une incertitude électorale accrue. Néanmoins, le BCRA projette que ces secteurs amélioreront leur performance après le choc électoral.

Évaluation de l’inflation et des prix

Concernant l’ inflation, l’autorité monétaire explique que la hausse des prix du premier trimestre provient principalement de la saisonnalité et de l’ajustement des tarifs des services publics, ainsi qu’un choc d’offre inattendu sur les prix des combustibles. L’inflation mensuelle moyenne a atteint 3,1%, avec un pic à 3,4% en mars.

Le BCRA a noté que l’absence de pressions inflationnistes dans les marchés de travail et de change, ainsi que la réversion de facteurs saisonniers, annoncent une rapide diminution de l’inflation mensuelle dans les mois à venir. Une déflation est attendue en avril et mai, bien que les hausses de prix des carburants continuent à créer des effets de traînée.

Prévisions concernant le taux de change et les réserves

Concernant le taux de change et l’accumulation de réserves, le BCRA a acquis plus de 7,8 milliards de dollars sur le marché des changes depuis le début de l’année, représentant 75% du minimum prévu pour l’année 2026. Ce volume d’acquisitions a évité de pression sur le taux de change.

Pour le reste de l’année, le BCRA anticipe un renforcement du surplus commercial, notamment grâce à la récolte agricole qui pourrait atteindre des niveaux historiques. Les secteurs de l’énergie et des mines devraient également augmenter leurs exportations.

Impact sur la politique fiscale

Du point de vue fiscal, le rapport souligne que le secteur public national a enregistré un excédent primaire de 5,5 billions de pesos, soit 1,2% du PIB. Les recettes totales ont progressé de 1,6% en termes désaisonnalisés, atteignant environ 20% du PIB, un niveau inégalé depuis 2006.

Réduction de la pauvreté et perspectives de crédit

Le rapport met également en avant l’impact de la politique monétaire sur la réduction de la pauvreté. Entre le quatrième trimestre de 2023 et 2025, le taux de pauvreté aurait diminué de 15,3 points, dont 5,9 points attribués à la baisse de l’inflation.

Concernant le crédit, le BCRA prévoit que le financement bancaire en pesos suivra, avec un certain retard, la dynamique observée dans le segment en dollars, qui a augmenté de 26,4%. Les taux modérés en monnaie locale, la stabilisation des créances douteuses et le processus désinflationniste sont des facteurs attendus pour soutenir la demande de monnaie.

Conclusion

Ainsi, le BCRA prévoit une continuité de la croissance et une baisse de l’inflation, soutenue par une politique fiscale et monétaire disciplinée. Toutefois, il met en garde que l’incertitude mondiale, notamment sur les marchés de l’énergie, demeure le principal risque pour l’économie argentine dans les mois à venir.



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