La vie devient de plus en plus chère et les citoyens ne le ressentent plus seulement lorsqu’ils paient leurs factures de gaz ou d’électricité. L’inflation sous-jacente, qui ne tient pas compte des prix très fluctuants des produits alimentaires non transformés ou de l’énergie, est actuellement de 3,75 %. En février, il était encore de 3,28 %. Certaines des hausses de prix les plus importantes ont quant à elles été enregistrées dans les achats de fruits, de soins corporels et de véhicules.

Les experts expliquent l’augmentation de la durée de vie en soulignant les prix élevés de l’énergie. Le gaz naturel est actuellement 148,8 % plus cher qu’il y a un an et l’électricité coûte 49,9 % de plus sur une base annuelle. Les entreprises répercutent leurs coûts encourus sur les consommateurs, ce qui provoque une augmentation générale des prix.

Le gouvernement a tenté de réduire les coûts pour les citoyens en février en introduisant une réduction temporaire de la TVA sur l’électricité. Le mois dernier, le prix de l’électricité a baissé en moyenne de 11,7% et la même mesure entrera en vigueur pour le gaz en avril. Ce sont des mesures bénéfiques qui peuvent offrir une certaine marge de manœuvre financière aux consommateurs, mais dans l’ensemble, elles ne signifient pas grand-chose.

La Banque centrale européenne (BCE) prévoit que l’inflation dans la zone euro atteindra 5,1 % en 2022. Au cours d’une année « normale », ce chiffre fluctue autour de 2 %. La présidente de la BCE, Christine Lagarde, souhaite donc mettre fin plus tôt à l’achat massif de dettes d’entreprises et d’État. En attendant, il reste à voir si elle pourra rester fidèle à son affirmation antérieure selon laquelle la BCE n’augmentera pas les taux d’intérêt cette année.

La plupart des Belges sont dans une certaine mesure protégés des effets de l’inflation. Si les prix augmentent à un niveau où l’indice central est dépassé, les salaires augmenteront automatiquement. Au sein de l’Europe, la même indexation automatique n’existe qu’à Malte, à Chypre et au Luxembourg. Ailleurs, les augmentations de salaires sont toujours le fruit de concertations entre syndicats, salariés et chefs d’entreprise.

Diverses organisations patronales belges s’interrogent depuis un certain temps sur la réglementation de l’indice pivot. La Banque nationale a calculé que les coûts salariaux augmenteront de près de 13 % (soit environ 20 milliards) jusqu’à la fin de 2024. En attendant, il y a un risque que la spirale prix-salaires pousse les entreprises à augmenter leurs prix, faisant remonter l’inflation.

L’économiste du travail Stijn Baert (UGent) comprend les inquiétudes concernant la spirale salaires-prix, mais estime que le débat est mieux mené en des temps économiquement moins turbulents. « J’ai peur que ce soit de la poudre à canon politique. Lors des négociations sur la norme salariale l’année dernière, il est devenu clair à quel point les politiciens et les syndicats sont divisés sur le sujet.



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