Indivior abandonne son listing à Londres : une tendance préoccupante pour la Bourse de Londres
Le pharmacien Indivior a récemment annoncé qu’il abandonnait son listing sur la Bourse de Londres, ajoutant ainsi une pression supplémentaire sur le London Stock Exchange (LSE) pour se renouveler. Cette décision illustre une tendance inquiétante, alors que plusieurs entreprises pensent à quitter le marché britannique pour se concentrer sur d’autres places financières, notamment celle des États-Unis.
Un passage stratégique vers le Nasdaq
Basée en Virginie, Indivior est connue pour ses traitements contre l’addiction aux opioïdes, notamment le Sublocade et le Suboxone. Après avoir déjà transféré son listing principal vers le Nasdaq l’année dernière, la société a décidé de canceller son listing secondaire à Londres. Cette décision a été influencée par divers facteurs, notamment la liquidité et le volume de transactions de ses actions sur le Nasdaq comparé à ceux du LSE, ainsi que par les coûts et les exigences administratives liés à la cotation à Londres.
Environ 80 % des revenus nets d’Indivior proviennent des États-Unis, un pays en proie à une crise des opioïdes depuis des décennies, au cours desquelles l’usage des analgésiques opioïdes a conduit à un nombre croissant d’addictions et de surdoses fatales.
David Wheadon, le président d’Indivior, a déclaré : « Un seul listing principal sur le Nasdaq reflète le mieux le profil de l’entreprise. Nous apprécions le soutien des actionnaires pour cette initiative et nous attendons avec impatience de capitaliser sur les bénéfices attendus de ce mouvement, y compris des réductions de coûts et de complexité. »
Impact sur le cours de l’action et sur le LSE
À l’annonce de cette décision, le cours de l’action d’Indivior a chuté de 2 % pour atteindre 925,7 pence, valorisant ainsi l’entreprise à près de 1,2 milliard de livres. Cette situation n’est pas isolée ; le LSE a connu une exode de plusieurs entreprises, comme l’allemand Tui, qui a choisi de se lister exclusivement à Francfort l’année dernière.
Russ Mould, directeur des investissements chez AJ Bell, a constaté que la Bourse de Londres serait désolée de perdre un autre grand nom. Cela souligne la nécessité urgente d’attirer de nouvelles entreprises et de conserver celles qui sont déjà présentes sur le marché.
Une perte au milieu de quelques bonnes nouvelles
Dans un contexte moins sombre, le LSE a accueilli le spin-off de platinum d’Anglo American, Valterra, d’une valeur de 11 milliards de dollars, qui a également obtenu une cotation à Londres. Bien qu’Anglo American ait conservé une part de 19,9 %, la promesse de réduire progressivement cette participation a également été faite.
Mould avait prédit le départ complet d’Indivior de Londres, en raison de l’orientation de son activité vers le marché américain, où la majorité de ses actionnaires sont basés. Indivior était auparavant cotée à Londres en tant que filiale du groupe britannique de biens de consommation Reckitt Benckiser, avant d’être scindée en 2014.
Défis à venir pour Indivior
La société a récemment nommé Joseph Ciaffoni comme nouveau PDG, remplaçant Mark Crossley, après avoir averti d’une forte baisse prévue des revenus cette année. En 2022, Indivior a enregistré une croissance de 9 % de ses ventes, atteignant près de 1,2 milliard de dollars, principalement grâce au Sublocade.
Cependant, les prévisions pour 2025 ne sont pas optimistes : les ventes de Sublocade devraient rester stables par rapport à l’année dernière, tandis que le film Suboxone fait face à une baisse de 50 % des ventes en raison de la concurrence des médicaments génériques. Indivior a également annoncé qu’elle allait interrompre la production de Perseris, un médicament une fois par mois destiné à traiter la schizophrénie.
Litiges et controverses
Indivior se trouve également sous le coup de plusieurs procédures judiciaires. Elle est confrontée à des allégations concernant le film Suboxone, qualifié de « défectueusement conçu » et responsable de blessures dentaires. La société fait également face à des accusations de marketing trompeur. En 2019, le ministère de la justice américain a même inculpé Indivior pour avoir prétendu que Suboxone était meilleur et plus sûr que des médicaments similaires.
Reckitt Benckiser, le précédent parent d’Indivior, a accepté de payer une amende record de 1,4 milliard de dollars pour régler des accusations de ventes abusives d’opioïdes, sans admettre de culpabilité. Indivior, quant à elle, a plaidé coupable pour avoir fait de fausses déclarations concernant des questions de santé en 2012, s’engageant à verser 600 millions de dollars aux autorités fédérales et étatiques sur une période de sept ans.
Shaun Thaxter, l’ancien PDG d’Indivior, a été condamné à six mois de prison fédérale pour son rôle dans un plan visant à obtenir une couverture Medicaid pour Suboxone en trompant les autorités sur ses dangers pour les enfants.
Ces défis mettent en lumière la complexité de la situation d’Indivior alors qu’elle navigue à travers un environnement de plus en plus concurrentiel et réglementé.

