Dans les rapports sur le climat des Nations Unies, c’est presque une évidence ces jours-ci : nous devons nous débarrasser du paradigme actuel limité de la croissance économique. Ce n’est qu’ainsi que les espèces animales pourront être préservées, afin d’éviter que la terre ne s’épuise. Tant que la croissance restera le paradigme, les humains saperont rapidement les moyens de subsistance de tout et de chacun sur terre.
Les connaissances sur les effets de la surconsommation sont maintenant largement disponibles. Dans moins de trois semaines, le 28 juillet, le monde connaîtra Jour du dépassement de la Terre, le jour de l’année où l’humanité a épuisé ce que le globe a à offrir sur une base annuelle. Dans les mois suivants, l’humanité vit sous l’impulsion du moment, ayant consommé un total de matières premières de 1,75 terre d’ici la fin de l’année. Pour mémoire: ça ne peut pas bien se passer et pourtant ça dure depuis plus de 50 ans. En 1971, pour la première fois, l’humanité a consommé plus que la Terre ne pouvait en fournir.
Alors pourquoi n’est-il pas possible d’ajuster réellement le comportement des gens ? Ce thème était au cœur du film brillant Ne lève pas les yeux, dans lequel la catastrophe climatique a été remplacée par une comète imminente qui menace la terre (après tout, qui va au cinéma pour voir un film sur le climat). Le message est aussi clair qu’inquiétant : les gens préfèrent détourner le regard que d’affronter la catastrophe.
Dans l’un des articles que la série ‘Less’ meurt CNRC publiant cette semaine, il résout cette incapacité. Les humains semblent mal équipés face à une menace qui se développe lentement, est complexe et ne se manifeste pas comme un adversaire clairement identifiable. Si le changement de comportement requis ne produit aucun avantage direct, il sera difficile d’amener la plupart des citoyens à s’y joindre de leur propre gré.
Cependant, il faut faire quelque chose de radical. L’optimisme technologique semble être une issue indolore. Les innovations, des nouvelles formes de production d’énergie, de la capture et du stockage du surplus de dioxyde de carbone à l’influence artificielle du climat, sont toutes possibles. Ou des techniques et des méthodes pour atteindre le même niveau de bien-être avec de moins en moins de matières premières et d’énergie. Tout comme le monde médical s’avère à chaque fois capable de guérir de nouvelles maladies, l’humanité pourrait également être en mesure de résoudre technologiquement une partie des problèmes climatiques.
Mais il serait naïf de parier là-dessus complètement, pour deux raisons. Supposons que nous ne parvenions pas à trouver une solution à temps, il sera alors trop tard pour inverser la tendance lorsque nous le découvrirons. Et deux : même s’il est possible d’arrêter d’utiliser des combustibles fossiles, par exemple, le CO2émissions et de puiser dans des sources d’énergie alternatives, nous consommons encore trop. Tant que l’humanité enlèvera plus au globe que ce globe ne pourra en régénérer, nous serons condamnés à perdre.
Dans tous les cas, il faudra donc qu’elle soit moindre, du moins pour les pays qui consomment aujourd’hui plus que leur juste part. La modération dans l’Occident riche peut et doit créer de l’espace pour les pays qui ont jusqu’à présent pris du retard en matière de prospérité. Seulement en leur offrant plus d’espace en matière de CO2émissions et consommer de la biocapacité ils peuvent tirer leur jambe. Car jusqu’à présent, la loi dure s’appliquait à ce que la croissance économique s’accompagne de plus de consommation et de pollution.
Pourtant, il est impossible de refuser aux habitants des pays beaucoup moins riches la possibilité de vivre la vie à laquelle leurs homologues des pays à revenu élevé sont habitués depuis longtemps. Jusqu’à présent, la politique se résumait à la redistribution de la croissance des richesses. À quel point il est difficile d’allouer une moindre charge à l’environnement et à l’environnement, on le voit aujourd’hui, entre autres, dans le dossier de l’azote aux Pays-Bas. À l’international, le défi est encore plus grand.
Une politique est nécessaire. Et pas seulement pour 2030, 2040 ou 2050, mais aussi avec acuité. On ne peut s’attendre à ce que les citoyens modifient complètement leur comportement de leur propre chef. Un gouvernement ne peut pas laisser les problèmes aux seules forces du marché libre. Et une redistribution de la douleur ne peut se faire que par des moyens démocratiques.
Dans les années à venir, il s’agira d’ajuster les incitatifs du système. Ce n’est qu’ainsi que le virage vers moins peut être utilisé. Dire adieu au paradigme de la croissance économique peut être une voie qui aide. Remarquable est que 132 pays déjà signés en 2019 dans le cadre d’un rapport de l’ONU sur la biodiversité qui préconisait justement cela. Le savoir est là, la volonté est là. Maintenant, les mesures pour réellement faire le tour.
Une version de cet article est également parue dans le journal du 9 juillet 2022

