La disparition tragique de Mauricio Oliver : un parcours de douleur et d’erreurs judiciaires

Le 6 mai 2014, Mauricio Oliver, un jeune homme de seulement 20 ans, a quitté sa maison d’Adolfo Sourdeaux, dans la province de Buenos Aires, pour ce qui serait son dernier voyage. Avant de partir, il a informé sa mère, Nancy Bazán, qu’il se rendait chez des amis en prenant le train. Malgré les inquiétudes de sa mère concernant l’heure tardive, il est parti avec son document d’identité, un peu d’argent et, curieusement, sans téléphone portable.

La dernière conversation entre Maurice et sa mère a été pleine d’espoir. Malheureusement, ce serait aussi la dernière fois qu’ils se parleraient. Après sa disparition, la famille a commencé à s’inquiéter, mais les jours passaient sans nouvelles. Ce n’est qu’une semaine plus tard qu’ils ont finalement décidé de signaler sa disparition à la Unité Fiscal de Instruction 22, dirigée par le procureur Fernando Corda.

La longue quête de réponses

La famille a initialement retardé le signalement de la disparition de Mauricio, convaincue qu’il pourrait être chez des amis. Sa sœur, Noelia Oliver, a déclaré que leur frère avait des antécédents de schizophrénie, ce qui leur a fait craindre qu’il pourrait ne pas savoir comment retrouver son chemin. Ils espéraient qu’il s’était simplement perdu.

Bien qu’il soit aimé et bien entouré, la recherche pour retrouver Mauricio a été semée d’embûches. Au fil des mois, de nombreuses pistes se sont révélées être des impasses. Noelia a même voyagé jusqu’en province de Córdoba suite à une rumeur, en espérant y retrouver son frère. La situation semblait désespérée.

Le 9 juillet 2015, un peu plus d’un an après sa disparition, la tragédie a atteint son paroxysme avec la confirmation de la découverte du corps de Mauricio en tant que NN (non identifié) dans un cimetière de Benavídez. Son corps, il convient de le préciser, avait été retrouvé après avoir été écrasé par une formation du chemin de fer Belgrano Norte. Ce terrible accident a eu lieu à deux stations de son lieu de départ.

Les dysfonctionnements de l’enquête

L’enquête sur la disparition de Mauricio a soulevé de nombreuses questions. Les erreurs de procédure et les négligences se sont accumulées. La famille, à la recherche de réponses, a décidé de faire appel à une avocate, Adriana Mac Donell, pour examiner les détails de l’enquête. Cette dernière a rapidement réalisé que le procureur Corda avait omis de demander les enregistrements des caméras de sécurité de la gare de Sourdeaux, qui auraient pu confirmer la présence de Mauricio. Il était devenu évident que la mauvaise gestion du dossier était une des raisons pour lesquelles la famille avait si peu d’informations pendant de longs mois.

En effet, lorsque la famille a finalement pu engager un avocat, les erreurs commises ont commencé à émerger. Des incohérences dans les descriptions et un dossier mal géré ont obscurci l’enquête, compliquant davantage les chances de retrouver Mauricio. La sœur de Mauricio a même mentionné que le numéro de son document d’identité était erroné, ce qui a rendu la recherche encore plus difficile.

Une fin douloureuse

Les jours se sont transformés en mois, et la famille a continué de recevoir des appels les avertissant que des témoins avaient apparemment vu Mauricio dans plusieurs endroits, sans aucune conclusion satisfaisante. L’inefficacité et la lenteur du corps judiciaire ont conduit à une immense frustration. C’est finalement grâce au travail acharné de l’avocate que la communication a été améliorée avec les autres juridictions judiciaires, conduisant à la découverte tragique du corps de Mauricio.

Ce qui a permis d’identifier le corps fut un détail crucial : deux tatouages sur le corps de Mauricio. L’un d’eux comportait le nom de sa première petite amie, tandis que l’autre était un hommage à son neveu. Les autorités ont pu ainsi faire la correspondance, établissant l’identité de la victime.

Le parcours tragique de la famille Oliver, marqué par la douleur, la confusion et la colère face à l’inefficacité du système judiciaire, révèle principalement les lacunes dans les enquêtes sur les disparitions. Mauricio avait été victime d’un accident tragique, mais pour sa famille, cette tragédie a été accentuée par les erreurs judiciaires qui ont accompagnées leurs efforts pour retrouver leur fils bien-aimé.

Désormais, ce drame est un appel à la réflexion sur les procédures judiciaires concernant les disparitions et la nécessité d’améliorer la communication entre les différents services d’enquête pour éviter que d’autres familles ne vivent une épreuve aussi douloureuse.



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